L'IMPRIMERIE DU

"PETIT ÉCHO DE LA MODE"

À CHÂTELAUDREN

 

 

En janvier 1880

Charles Huon de Penanster, jeune sénateur des Côtes-du-Nord, rachète un journal déficitaire créé l'année précédente, Le Petit Echo de la Mode. Il en fait un magazine destiné aux mères de famille pour leur apprendre à couper des vêtements, à cuisiner et à tenir la maison, mais aussi pour parfaire leur culture générale et les distraire

En 1900

Le tirage du journal monte à 300 000 exemplaires. Il est son propre imprimeur.

En 1901

Il achète à Paris XlVe, rue Gazan, face au parc Montsouris, un terrain de 4000 m2 pour bâtir siège social et imprimerie.

En 1902,

Le sénateur meurt.

L'affaire est mise en société anonyme. Emmanuel Ferré, ami et associé du sénateur, devient président.

Jean des Cognets, jeune avocat breton, est engagé par Mme Huon de Penanster, veuve du sénateur, comme chef de publicité de l'entreprise. Il en devient vite sous-directeur.

La guerre de 1914

L'affaire se replie à Nantes pour quelques semaines et constate qu'elle peut fonctionner en province, avant de revenir à Paris.

En 1920,

L'entreprise se réorganise.

Charles-Albert de Penanster, fils du fondateur, et Léon Berteaux directeur honoraire de La Croix, sont nommés administrateurs. Jean des Cognets, est nommé directeur.

L'après-guerre

leur fait entrevoir un développement de la presse. Plutôt que d'agrandir l'imprimerie de Paris. ils décident d'en acquérir une en province.

Charles-Albert de Penanster, qui est conseiller général des Côtes-du-Nord et qui connaît bien son département, sait qu'il existe à Châtelaudren une papeterie qui fonctionne à l'aide d'une turbine alimentée par un étang.

Pourquoi ne pas la transformer en usine de fabrication de patrons de couture et en imprimerie ? Cela fournirait du travail aux gens des Côtes-du-Nord. C'est ce qui se fait. Comme il faut un spécialiste de l'imprimerie, l'entreprise recrute M. Brossard, l'un des directeurs de l'imprimerie de Touraine. Il vient habiter Châtelaudren. L'imprimerie se monte.

Le 28 février 1923

Charles-Albert de Penanster meurt prématurément, après trois mois de maladie. Il laisse orphelins quinze enfants dont la plus jeune n'a que 10 jours.

Charles-Marie de Penanster, le deuxième fils qui prépare l'Agro en vue d'entrer aux Eaux et Forêts, interrompra ces études là et étudiera le Droit pour devenir administrateur du Petit Echo de la Mode, à Paris.

 

1930

Charles-Marie de Penanster épouse en 1930 Jacqueline de Pluvié dont la famille a une maison à Saint-Quay-Portrieux,

en 1938

Léon Berteaux devenu président, meurt. Jacques May, banquier et assureur dans les Balkans, petit-fils d'Emmanuel Ferré, est nommé président. Il s'appuie sur Jean des Cognets et Charles-Marie de Penanster directeur général.

Au début de 1939

Un incendie de produits chimiques à Châtelaudren intoxique mortellement huit personnes, dont M. Brossard, directeur de l'imprimerie.

La direction de l'imprimerie de Châtelaudren est confiée à Jeanne et Emmanuel Brossard, enfants du directeur défunt.

Pendant l'occupation

Des censeurs allemands contrôlent la presse. La société du Petit Echo de la Mode est vulnérable. car elle porte le nom d'un journal.

Jean des Cognets et Charles-Marie de Penanster changent donc le nom de l'entreprise et l'appellent Editions de Montsouris. Ses initiales E D M. identiques à celles de L'Echo de la Mode peuvent permettre diverses acrobaties face aux censeurs.

L'imprimerie de Châtelaudren tire notamment, en livrets brochés, des romans populaires pour dames (collection Stella), pour adolescents (collections Printemps. Pierrot et Lisette) et des extraits de textes littéraires (collection Dauphine). Elle fonctionne aussi comme imprimerie régionale pour divers clients.

L'usine de Châtelaudren a alors trois activités : la confection de patrons de couture (Patrons -modèles), l'impression de brochures non urgentes pour Montsouris, et des travaux de labeur pour la clientèle régionale.

M. Philiponnet, technicien, est embauché comme sous-directeur.

La composition des textes se fait alors sur des linotypes à clavier.

En 1957

Devant le développement des publications de Montsouris, Charles-Marie de Penanster fait construire une usine modèle d'impression en offset à Massy, inaugurée en mai 1957. L'ingénieur Georges Boisson en devient directeur.

La rapidité du progrès technique dans l'offset oblige chaque année à réaliser des investissements coûteux.

Jacques May veut tout régler par autofinanœment, sans recours aux banques,

Les investissements à Massy se font au détriment de ceux dans les publications et dans la modernisation de Châtelaudren

 

L'année 1968

frappe les Editions de Montsouris de deux autres coups durs.

En juin, les accords de Grenelle, qui imposent de fortes hausses de salaires, obligent à augmenter le prix des journaux et les tarifs d'impression, ce qui fait partir une partie de la clientèle.

Puis, en octobre, la publicité est introduite à la télévision. Les publicitaires déplacent leur budget de la presse familiale vers ce nouveau support de publicité.

En 1969

Les recettes de publicité des publications de Montsouris sont en forte baisse. Pierre Beytout vend le département des patrons de couture.

En juin 1970

Quatre cent cinquante personnes sont licenciées au siège, à Paris. Ensuite, l'imprimerie de Massy connaît la crise générale de l'imprimerie de presse.

En 1973

Jean-Claude Olivo dessinateur publicitaire et photograveur sent le malaise s'installer dans la maison...

Il quitte le Petit Echo de la Mode et s'installe à son compte au "Pressoir " en Plélo. Il conçoit tous les travaux destinés à être imprimés et se trouve donc en amont de la chaîne.

En novembre 1972

Charles-Marie de Penanster meurt

Le 2 mai 1977

Première vague de licenciement

M. Henri Philippe demande à être "couché" sur la liste maudite. il achète du matériel laissé quasiment au rebus, loue des locaux appartenant à la "grande imprimerie" et lance sa propre affaire "L'Imprimerie du Leff".

Avec deux salariés (M. Philippe et son épouse), l'imprimerie du Leff propose de confectionner tout imprimé.

Novembre 1981

Arrêt d'un atelier de photocomposition

Quatre des salariés licenciés, sous l'impulsion de Xavier Guymard récupèrent tout le matériel de l'atelier, sollicitent l'autorisation de se maintenir dans les locaux et décident de monter la S.C.O.P "Châtel- Compo". Là encore, l'affaire réussit puisque, deux ans et demi après, M. Guymard et ses collaboratrices transfèrent leurs locaux, sur la zone artisanale de Plouagat.

Leur travail ? Faire de la mise en page, de la photocomposition, mais aussi réaliser des travaux d'imprimerie générale par le biais de la sous-traitance.

Septembre 1983

Alain Speybroëck sent à son tour le danger avec un grand D. Il se fait placer sur la liste des licenciés et propose d'acquérir deux "quatre couleurs". Avec son camarade Philippe Heyn, ils créent "S.H. Imprimeurs". Ils s'adjoignent l'appui d'un homme "relations publiques et commerciales" qui établit les devis et traite les marchés, M. Bernard Jégu. Les résultats ne se sont pas fait attendre puisque le chiffre d'affaires a fait un "bond énorme".

S.H. peut sortir tout imprimé (dépliants, plaquettes...) en un temps record, grâce à la souplesse de fonctionnement des deux machines.

 

Le 24 novembre 1983

L'imprimerie de Châtelaudren ferme définitivement ses portes.

Claude Gantier, Licencié en décembre 1982, met sur pied son atelier. Il installe "Grafic-art-22" sur la zone artisanale de Plélo. 25 millions de centimes de bâtiment, 50 millions de matériel, il fallait oser en cette période dite difficile... et cela, avec le soutien d'une personne seulement, son épouse, qui est devenue son associée et sa secrétaire.

Dans cet atelier de photogravure couleur, Claude Gantier a mis au point un procédé de sélection de couleurs qui permet de supprimer la prise de vue, ce qui lui vaudra bientôt un brevet. Ceci lui permet de travailler directement sur l'original d'où une reproduction nettement supérieure par exemple lorsqu'il s'agit de tableaux.

Le 2 mai 1984

Sous l'action d'un P.D.G. parisien, M. Hytterhagen, Sigma-Prim, société d'une vingtaine d'unités a pris son départ. Cette nouvelle entreprise embauche une partie des 80 salariés, licenciés pour raisons économiques en novembre.

En 1989

Sigma-Prim ferme ses portes.

Des anciens du petit Echo reprennent les locaux et le matériel. C'est la naissance de Roto-Armor.

En mai 1993

Roto-Armor s'équipe d'une nouvelle rotative 8 pages.

Son travail ? Réaliser des travaux d'impression de catalogues, de prospectus à partir des films qui lui sont fournis.

Roto-Armor a installé sa réputation sur la qualité de son travail.