Pétitions réclamant l’application de la décision d’implanter l’école centrale à Guingamp :

Canton de Carhaix, 6 Brumaire an 5 République Française, Une et Indivisible
"....que cete fixation est d’autant plus avantageuse pour cete cité et les communes de l’arrondissement, que les habitants de cete partie du Finistére se trouvent plus à portée de jouir de cete école que de celle fixée à Quimper en raison de l’éloignement de cete dernière cité de celle de Carhaix, que cete considération privative à notre cité prend une nouvele force en raison des communes qui nous environnent et qui font partie du département des Côtes du Nord pour lesquels il existe un avantage aussi réel...."

Canton de Pontrieux, 4 Frimaire an 6

"Depuis huit ans, toutes les écoles publiques sont fermées dans notre département; ces écoles n’étoient à la vérité que des établissements collégiaux infectés de beaucoup de vices. On sait que l’instruction y était aussi lente qu’imparfaite, que le mode de l’inculquer était défectueux; mais enfin si l’on y enseignait point purement et selon la meilleure méthode, du moins y apprenait-on les éléments des sciences les plus nécessaires. On y exerçait l’esprit d’une multitude de jeunes sujets et on communiquait à ceux d’entr’eux qui étoient bien disposés, le goût de l’étude privée et de cette manière on donnait lieu au développement du germe, des talents qui ont en divers genres, servi avec tant de succès la cause de la liberté
Cet état de choses tout imparfait qu’il était valait certainement mieux que le bannissement absolu de l’instruction auquel les 19/20 de la République semblent être obstinément voués malgré les désirs pressants des chefs de famille et des hommes éclairés. Quel est donc ce génie malfaisant...qui semble menacer la République triomphante du crêpe de l’ignorance et de la barbarie. Presqu’aucune institution républicaine ne se rencontre dans nos nombreux départements. On y trouve tout au plus quelques pensionnats dirigés en majeure partie par des personnes qui corrompent la jeunesse et façonne de leur mieux la génération naissante, cet espoir de la patrie, au retour de l’esclavage."

Observations de Ant.M.N.Vistorte, député des Côtes du Nord au Conseil des Cinq Cents
Il dénonce la force d’inertie de l’administration centrale malgré l’activité de la municipalité et les ordres du ministère, les tergiversations de l’ingénieur chargé d’étudier l’aménagement des locaux de Montbareil, la disparition des pétitions envoyées au Conseil des Cinq Cents par Guingamp.
Il met en avant les moyens qui militent en faveur de Guingamp :
-La maison de Montbareil qualifiée de plus beau local du département "avec possibilité d’établir un pensionnat de 200 à 300 élèves"; Il insiste sur la salubrité des batiments et sur les dépendances par opposition à Port-Brieuc qui n’a qu’un "jardin nul."
-La position centrale de Guingamp dans un espace composé de sept districts peuplés de 428 000 habitants et de 528 000 avec ceux de Carhaix et de Morlaix.
-La proximité et la facilité de liaison de l’Est du département avec Rennes
Il répond aux objections qu’élèvent les partisans de Port Brieuc
A Guingamp, on parle breton et ce langage s’oppose aux progrès des élèves.
R : Si on veut détruire la langue bretonne, on ne peut y parvenir que par l’instruction : il faut donc établir des écoles dans le pays où on parle cette langue Et la langue bretonne ne s’oppose pas au progrès des sciences "Guingamp est une commune peu populeuse tandis que Port-Brieuc contient au moins 7.000 individus" (dans un rayon de 1/4 de myriamétres = 2,5Km )
R : “La population de Guingamp est de 5 500 individus. Si l’on joint à Guingamp tous les hameaux qui se trouvent à même distance (de 1/4 de myriamètres), sa population s’élèverait à plus de 9.000 individus " le patriotisme des habitants de Port Brieuc."
R : Les actions des habitants de Guingamp, Lannion, Pontrieux et les patriotes réfugiés de Quintin et Chatelaudren qui marchèrent contre les chouans en l’An 3
Et de conclure à propos de l’école et de ses missions “En les disséminant, on place sur tous les points des hommes capables d’éclairer lescampagnes et de les arracher à la séduction des prêtres et ci devant nobles,.....en les réunissant, les campagnes demeurent à la merci de la perfidie et de l’intrigue” Archives municipales,I R 18