Les projets éducatifs nationaux

De la variété des positions ressortent deux idées communes :
  • l'école devait être sous l'ordre de l'état ce qui posait le problème : "A qui appartient un enfant : à l'état ou à sa famille ?".
  • l'enseignement devait être plus réaliste, plus adapté aux besoins des classes sociales ce qui permettrait à la nation d'évoluer.
  • Talleyrand
    Le projet de Talleyrand prévoit la liberté pour tout particulier d'ouvrir une école. Au nom de la liberté, l'enseignement n'est pas obligatoire. Il n'est pas ecclésiastique. Il est cependant gratuit pour le primaire.

    Qui est Condorcet ? ( Marquis né en 1741 et mort en 1794 ). Homme de culture, il entre tour à tour à l'Académie des Sciences, puis à l'Académie Française. Il fut aussi un homme politique, s'inspirant abondamment des "Lumières": il rédigea des articles de Diderot, c'est un dépeint comme l'un des pères de la révolution Française.
    Il rédigea un plan de réorganisation de l'Instruction Publique où il prôna la gratuité à tous les degrés. Ayant publié ses idées contre la constitution montagnarde de Juin 1793, il s'empoisonna en la prison de Bourg-Egalité.
    Condorcet
    Condorcet a une certaine conception de l'homme, il pense que tout homme a le droit et le devoir d'assurer son bien être, et d'être nécessaire à la société. La quête de l'être humain, du bonheur individuel et de la prospérité commune doit être acquise en cultivant les facultés physiques, intellectuelles et morales. La pauvreté ne doit pas être un rempart à leur connaissance : il voulait l'égalité devant l'instruction, une égalité des sexes, des âges et que du simple paysan au grand bourgeois, chacun ait le droit et le devoir de s'instruire.
    Il souhaitait la liberté de l'enseignement, à la fois d'ouvrir des établissements d'instruction pour effacer le monopole éducatif du clergé et à la fois la liberté du contenu de l'enseignement. Il préconisait une éducation par niveaux.

    Le Peletier de Saint Fargeau : la passion de l'égalité :

    Lepeletier

    1°) Michel Le Peletier, ex-marquis de Saint Fargeau, assassiné le 20 Janvier 1795 après avoir voté la mort de Louis XVI. Il laissa son ouvrage sur l'éducation à son frère Félix qui en révéla l'existence. Robespierre le lut à l'assemblée au grand désarroi de Félix.
    2°) Dans son ouvrage Le Peletier veut parvenir grâce au système d'éducation, à une régénération du peuple, une éducation digne de la liberté. Il lui parait nécessaire que l'instruction primaire soit universellement nationale. C'est un projet d'école enlevant l'enfant à sa famille mais absolument gratuite: l'inspiration de la Sparte antique est évidente.
    3°) Cette école sera laïque. A 12 ans, il y aura une orientation le plus grand nombre sera destiné à l'agriculture et aux arts mécaniques et un très petit nombre sera choisi aux concours pour l'étude et les arts d'agrément.

    Emmanuel Sieyès : La passion de la liberté :

    Abbé révolutionnaire, entré dans les ordres sans vocation, Emmanuel Sieyès ( 1748 - 1836 ) devient célèbre lors de la publication de son pamphlet "Qu'est ce que le 1/3 État" ( Janvier 89 ).
    Député du "Tiers État aux États Généraux", il joue un rôle majeur dans leur transformation en Assemblée Nationale et participe à la rédaction du serment du Jeu de Paume ( 20 Juin 89 ). Il est aussi théoricien dans les débuts du processus révolutionnaire.
    Élu à la convention, il vote la mort du roi, devient membre du Comité du Salut Public après le 9 Thermidor
    Emmanuel Sieyès

    1794, préside la Convention. Il est l'un des instigateurs du coup d'état de Bonaparte.

    Base du projet de Sieyès - la Kanal - Daunou :

    1) Base du projet Lakanal : il existe un enseignement privé :
    _ libre, vivant sur des crédits privés.
    _ mais aussi public, fonctionnant grâce à des crédits publics, celui-ci est gratuit.
    2) La convention créa les Ecoles Centrales, une école pour 300 000 habitants.
    3) La législation Daunou de Octobre 1795, suppression de la gratuité qui n'est plus un droit pour tous mais une libéralité accordée par la municipalité.


    CONCLUSION
    Chaque projet s'inscrit dans le contexte : leurs auteurs traduisent leurs attaches socio-politiques et participent ainsi à un projet de société.