" Avancées et Résistances "







Évolution politique :

Différents systèmes politiques ont été mis en place. D'abord une République, gouvernée par Napoléon qui deviendra vite un Empire. Le second, une période d'hésitation entre la monarchie et la république et, finalement, élaboration de la 3ème République.
Louis Napoléon Bonaparte est élu président. Il met en place une politique réactionnaire ( libertés réduites...) favorable à l'église ( Falloux ). Il rétablit ensuite un Second Empire. Mais à compter de 1860, le régime perd une partie de ses soutiens ( Eglise, bourgeoise conservatrice ). L'empereur déclare la guerre à la Prusse en 1870. La foule parisienne impose par la suite, la proclamation de la commune de Paris, insurrection parisienne réprimée sévèrement par Adolphe Thiers et Mac Mahon. La restauration de la monarchie échoue. Enfin, en 1880, les républicains contrôlent l'exécutif et les 2 chambres. La 3ème République, créée par les lois de 1875, est définitivement installée.

Évolution économique et sociale :

Napoléon III souhaite moderniser l'économie. Elle s'ouvre à l'étranger. La croissance du capitalisme suscite une révolution bancaire. De grands travaux ( Haussmann ) s'effectuent dans Paris. C'est une période favorable à la bourgeoisie d'affaires, à la paysannerie mais les retombées sociales sont très inégales : le mode de vie des paysans est peu modifié et la condition ouvrière demeure très pénible avec encore de l'insécurité ( salaires toujours insuffisants ). Par conséquent, des grèves se multiplient.

    La Loi Falloux (1850): un essai de cléricalisme scolaire :

Le débat à propos de la liberté :

Alfred de Falloux

La Loi Falloux au nom de la liberté, propose de permettre à n'importe qui d'ouvrir un établissement scolaire. Elle permettrait au clergé d'amplifier sa présence dans l'enseignement.
Le débat est passionné. A gauche, certains pensent que la liberté de l'enseignement doit se limiter à ce qui existe déjà (la liberté pour l'Eglise d'entretenir les séminaires).
Par contre, les conservateurs pensent qu'il est nécessaire de réformer l'éducation et pour cela d'y faire entrer largement la religion : ce serait chose normale puisque la constitution promulgue cette liberté. Ils reprochent à l'enseignement de ne pas apprendre le respect des valeurs d'ordre, d'autorité, de sacrifice et dévouement, de propriété. Ils considèrent que ce sont les curés et non les institutions qui défendent ces valeurs.

Instauration de la liberté dans le Secondaire :

La Loi Falloux institue la liberté de l'enseignement dans le Secondaire où elle n'existait pas en distinguant établissements particuliers et établissements publics. Pour ouvrir un établissement secondaire particulier, il suffit que le directeur soit bachelier ou titulaire d'un brevet de capacité délivré par un jury académique. Ces établissements peuvent s'installer dans les locaux municipaux et être sélectionnés par les municipalités.

Contrôle clérical dans le primaire :

La Loi Falloux intervient peu sur l'enseignement primaire pour lequel la liberté de l'enseignement existe depuis 1833 ( Loi Guizot ).
Cependant, elle y facilite l'influence du clergé en ne rendant pas nécessaire la détention du brevet de capacité exigé auparavant pour les instituteurs. Elle soumet l'ouverture d'une école libre et la nomination des instituteurs aux conseils municipaux. Pour l'essentiel, les dépenses incombent aux municipalités qui peuvent aussi établir la gratuité. De plus, elle institue une surveillance de toutes les écoles par le maire et le curé et un délégué cantonal désigné par le Conseil Académique. D'autre part, elle supprime, en n'y faisant pas mention, les écoles primaires supérieures de la Loi Guizot.

    Les Lois Duruy ( 1867 ) : rendre ses prérogatives à la puissance publique :

L'instituteur sous la férule du clergé
Victor Duruy mit un frein au développement de l'enseignement libre et tente de redonner un essor décisif à l'enseignement d'Etat.
Par la Loi de1867, il réorganise l'enseignement primaire qu'il veut généraliser, pour cela :
- il prend des dispositions permettant la gratuité de l'enseignement, ce qui tend à le rendre obligatoire.
- il organise l'enseignement primaire féminin jusqu'à monopoliser dans le cadre de la Loi Falloux des religieuses.
- il essaie d'en améliorer la qualité en introduisant l'histoire et la géographie.
- il soumet les écoles libres à l'inspection comme toutes les écoles publiques.
Par la Loi de 1869, il crée un enseignement spécial ( reprenant l'idée de Guizot, abandonné par Falloux ) : il s'agit d'un enseignement réaliste intermédiaire entre le primaire et le secondaire classique (mais rattaché pour les locau au secondaire). Il tente de créer un enseignement secondaire de filles sur les programmes de l'enseignement spécial, mais son projet
échoue devant l'opposition du clergé. Il créa les Ecoles Normales secondaires dans chaque académie.

Victor Duruy : ses objections

Historien et homme politique français (Paris 1811, mort en 1894). Fils de contremaître de la Manufacture des Gobelins, il connut une brillante carrière scolaire et universitaire (entrée à l'Ecole Normale Supérieur - premier rang à l'agrégation d'histoire). Auteur de nombreux livres scolaires et d'une importante histoire des Romains, il est remarqué par Napoléon III qui le nomme inspecteur général de l'enseignement secondaire (1861 - 1962) puis ministre de L'Instruction Publique. Il contribua à faire adopter d'importantes réformes : il libéralisa l'enseignement et tenta, pragmatiquement, de réduire l'influence de l'Eglise sur l'éducation. Après son éviction du ministère en 1869. Il se consacre pleinement à l'histoire.

    A Guingamp :

Cohabitation difficile et séparation :

L'ancien Collège de Guingamp fut fermé, pour de nombreuses difficultés : déficit budgétaire, concurrence avec d'autres établissements, exiguïté des locaux, partagés avec l'école primaire. Très vite, il est remplacé en 1850 par une institution libre, le collège Notre-Dame, en accord avec la Loi Falloux. Celui-ci reprend les locaux de l'ancien Collège pendant 9 ans, et bénéficiera d'une subvention de la mairie de 500 Frs. De plus comme la Loi Falloux l'autorise, il y a une gratuité de l'enseignement pour les enfants pauvres désignée par la mairie.
Cependant, plus tard, cette institution libre dont le bail est renouvelé pour 9 ans se heurte à une hausse des effectifs, soit des dépenses plus élevées pour la ville. La cohabitation devient difficile avec les services municipaux et l'école communale qui se partagent les mêmes locaux. La municipalité refuse d'acheter elle-même le terrain pour une institution libre qui ne lui appartient pas. Elle se limite seulement à une subvention annuelle de 4000 Frs pendant 10 ans.
Les évènements révolutionnaires de 1848 n'affectèrent pas la paisible ville de Guingamp : il y eut bien quelques troubles à propos des droits de marché en Avril 1848 qui nécessitèrent tout de même l'intervention de la troupe. Mais la peur de la révolution et de l'anarchie l'emporta comme en France et permit le retour d'une municipalité nettement plus conservatrice, attachée à l'ordre.

Essor de l'Ecole Primaire Supérieur ( EPS ) :

Le déménagement de la Mairie en 1851 donna un peu d'air à l'école communale de garçons. Mais insuffisamment, elle ne peut accueillir que 140 élèves. Et la cohabitation jusqu'en 1861 avec le collège, institution libre, fut parfois difficile d'autant plus que les effectifs enflouent. Le phénomène est amplifié par le fait que les Frères des Ecoles Chrétiennes réduisent fortement le nombre d'élèves gratuits alors que la municipalité accorde généreusement cette gratuité pour l'école communale.
Les projets de construction tombent "aux oubliettes" avec l'émigration de l'institution aux Capucins. Il suffit d'aménager les locaux existants, devenus suffisamment vastes pour permettre le développement des effectifs. Le rayonnement et la renommée de l'EPS s'étendent.

L'enseignement des filles reste aux congrégations :

Les Soeurs de la Sagesse ont la responsabilité de l'instruction des filles dans l'espace du château. La municipalité y crée une salle d'asile, ancêtre des écoles maternelles. Elle est aménagée dans une des tours circulaires du château et accueille dès 1869, 150 enfants.
L'école primaire de filles est aussi très à l'étroit dans le bâtiment construit en 1834. Devant l'importance des effectifs : 2 nouvelles classes en bois et briques sont ajoutées. Elle accueille 150 enfants dont 1/3 gratuitement.

1870 : Effectifs scolaires dans le primaire
Elèves Payants Gratuits Demi-Pensionnaires Instituteurs Ecole commune de garçons 108 (150) 209 (18 ) 47 (47) 5 Ecole des Frères 280 (277) 28 (33) 90 (95) 9 Ecole château 176 (180) 150 (14 ) 45 (43) 8 Ecole de Montbareil 84 (84) 10 (10) 72 (67) 7 Pensionnat de l'hospice 39 (39) 4(4) 43(41) 2
(...) : données pour 1871

CONCLUSION
Le nouveau cadre permet le développement de l'éducation des garçons et des filles tout en instituant une cohabitation.....surtout profitable à l'enseignement libre