Des exercices utiles aux activités physiques et d'expression







Malgré le formidable développement du sport au cours du XXème siècle, son entrée dans l'école est longtemps contestée et concurrencée par les tenants des méthodes où l'EPS est au service de la morale, de la préparation militaire ou professionnelle, de la médecine ou de l'amélioration de la race.
De 1910 à 1930, l'enseignement physique oscille selon les régions, les périodes, les enseignants, entre l'application de l'une ou l'autre des 3 méthodes concurrentes. C'est la guerre des méthodes.


    Fin XIXème siècle prépondérance de la gymnastique militaire :


    Les bataillons scolaires :

Alors que la gymnastique existait depuis 1854, en tant que matière facultative dans les lycées, ce n'est qu'en 1882 (6 Juillet) suite à la défaite de 1870, que l'on créa les "bataillons scolaires". Les bataillons avaient 3 buts précis :
1 - former des soldats, leur enseigner les formes réglémentaires pour les manoeuvres et le combat.
2 - inculquer aux enfants des écoles les principes de la discipline scolaire.
3 - fortifier et endurcir le corps.

Deux caractéristiques essentielles de ces bataillons : la quasi-absence de réflexion théorique et l'influence du modèle militaire avec pour l'élève, l'ordre, le silence, l'obéissance.
Ils furent surnommés "l'école du soldat sans arme" et bénéficiaient, de l'Etat, des budgets particuliers pour l'achat de képis, fusils et pour payer les militaires instructeurs.
Fortement critiqués, ils seront supprimés en 1892, certains subsisteront dans l'Est de la France jusqu"en 1910 voire 1914.


    Les Lendits :

Au Moyen Age, foire du jour-dit, de l'en-dit, du Lendit
De 1890 à 1903, les Lendits sont des fêtes sportives comprenant de nombreuses épreuves physiques (athlétisme, gymnastique, marche, mouvement d'ensemble).
En 1935, les Lendits sont restaurés et connaissent dans certaines régions un vif succès pendant plusieurs décennies.
Le stade Yves Jacques à Guingamp sera le rendez-vous de toutes les écoles publiques primaires et secondaires de 1945 à 1966.


    La méthode naturelle : Georges Hébert ( 1875-1957 ) :

1905 : officier de marine , Hébert parcourt le monde. Il voit vivre les indigènes et les admire comme nageurs, plongeurs, coureurs, porteurs, lanceurs. Il retient comme modèle leurs aptitudes étonnantes, leurs qualités et leur beauté plastique.
1908 : Affecté à l'école des Fusilliers marins à Lorient, il a la charge des cours d'exercices physiques.
1912 : Il publie : "l'éducation physique ou l'entraînement complet par la méthode naturelle."
Dans la continuité de l'oeuvre et des travaux de Pierre de Coubertin et de Philippe Tissié, nombreux sont les défenseurs du sport et des jeux sportifs dans l'école.
Ce n'est qu'en 1925, que pour les jeunes gens à partir de 16 ans est prévue une initiation sportive (de 1 à 2h) puis à partir de 18 ans une séance de sport collectif et de sport individuel.


    Patronages, mouvements laïcs et associations sportives :

L'Education Nationale se désintéresse de la pratique sportive, c'est surtout au sein d'associations scolaires et périscolaires que les jeunes guingampais vont pouvoir pratiquer certaines activités.
Aussi dès 1921, est créée l'association sportive de "l'EPS garçons" qui est sans doute une des premières associations scolaires du département.
En 1934, nait l'association "Fleur d'ajonc à l'EPS filles". C'est aussi, comme dans la plupart des villes du département, au sein de 2 associations idéologiquement opposées : la société de gymnastique "EN AVANT" et le patronage "Charles de Blois", que les jeunes guingampais vont se confronter à la "pratique sportive".
En 1937, pendant l'entre deux-guerres, alors que les décisions n'en sont qu'au stade expérimental dans 3 départements, le préfet interpelle les députés républicains en faveur d'un mouvement communal et laïc d'éducation physique scolaire.


    Evolution pendant le Front Populaire :

Le Front Populaire instaure le Brevet Sportif Populaire, épreuves d'athlétisme et de natation que subiront des milliers de jeunes gens, candidats aux C.E.P.E. (certificat d'études primaires et élémentaires).
La demi-journée de plein air obligatoire pour tous les enfants est consacrée aux jeux, aux sports, à la gymnastique d'application ( ce qui fait 2+3 = 5h. d'EPS ). Et enfin, une attention à l'organisation matérielle de l'EPS : une salle bien ensoleillée et aérée pour chaque classe, une tenue d'éducation physique pour chaque élève.



CONCLUSION
Les enseignants selon leur origine, leur formation adaptent l'une ou l'autre méthode. Ils s'informent sur toutes et construisent leurs séances et leurs programmes, comme le préconisent les instructions officielles, de façon éclectique, en s'inspirant de chacune d'elles.