Entrée mouvementée du sport dans l'enseignement

Malgré les résistances au sein de l'institution et la prudence des législateurs, le courant du "Sport Éducatif" sous la pression sociale ( des élèves, des enseignants, des fédérations de parents ) va prendre progressivement une place prépondérante.




Entrainement de basket à Saint Sauveur. Aforce de pivoter sur le même pied les chaussurent s'usent. Un joueur pivot pied droit et un joueur pivot pied gauche : échange pour refaire une paire
Selon les témoignages que nous avons entendus, les séances se déroulaient dans le parc situé derrière l'école. La leçon commençait par des courses autour du parc ( dérouillage ) puis suivaient le plus souvent des exercices de gymnastique de maintien démontrés par le professeur.
Les élèves du Brevet Supérieur Féminin pratiquent également l'athlétisme et la gymnastique en préparant le brevet sportif supérieur du 2ème et 3ème degré ( qui devient en 1940 le brevet sportif national ) qui comprend :
la corde raide (en bois), à la corde à noeuds et à la corde à lisse.
- des épreuves d'athlétisme ( vitesse, fond, hauteur, longueur, lancer du poids des 2 mains ).

C'est surtout de l'activité basket dont se souviennent les élèves. Sur la photo, l'équipe de la promotion de 1942. Les élèves les plus passionnées pratiquaient ce sport au sein des associations sportives locales : l'équipe d'En Avant, et se retrouvaient le dimanche matin (à l'heure de la messe), sur la place du Valley et sur la place de Saint Sauveur, accompagnés de leur professeur d'EPS : M. Corlay. Le public est nombreux. En 1950, la section basket d'En Avant comte 50 membres actifs surtout féminins.

En 1934, est crée l'association sportive de l'EPS, qui porte le nom de Fleur d'Ajonc, au sein de laquelle les élèves s'adonneront à différents sports ! Cette association a une section de danse dirigée par M. Corlay qui présente ses chorégraphies lors de la fête des écoles publiques qui a lieu chaque année au mois de Juin, le professeur de dessin, Mlle Canut, prépare les costumes.



    L'Éducation Physique au Brevet Supérieur Masculin :

Fete des école publiques 1938-1939
L'Ecole Primaire Supérieure a depuis 1912 une équipe de football qui est la section scolaire du club d'Eb Avant et qui connaît de brillants résultats. Sur cette photo, l'équipe d'EPS en 1941. A gauche debout : M. Corlay, professeur d'EPS, M. Leprince, directeur de L'EPS. A droite, M. Vacher, président de la ligue de Bretagne de football.



    Des solutions pour suppléer aux carences des équipements:

Les fêtes des écoles publiques ont lieu à la fin de chaque année scolaire au stade de Montbareil. Elles regroupent tous les élèves de la maternelle à la terminale qui se rendent en défilant, déguisés, au pas et souvent en chantant, du centre ville au stade.

La participation des lycéens prendra diverses formes : exécution du Lendit, mouvement d'ensemble imposé à tous les élèves du primaire et du secondaire et dont tous les guingampais de cet âge se souviennent, mais aussi démonstration de gymnastique, de pyramides, d'exercices en cascades, relais sportifs (duel Metallos - Dondies), les élèves du lycée défilaient en débardeur jaune, les élèves du lycée technique impressionnaient en marchant torses nus et pieds nus sur un pavé parfois très chaud. Ces fêtes exigeaient une préparation et une coordination qui constituaient le menu de nombreuses séances d'EPS. Jusqu'au milieu des années 50 les meilleures prestations étaient présentées à la fête de Saint Brieuc.
Le challenge du Nombre : cross auquel participait tous les élèves du lycée qui se déroulait à Kergoz. Ne disposant pas d'installations couvertes, le cross était une activité très pratiquée surtout en période hivernale. Les meilleurs élèves étaient sélectionnés pour les compétitions départementales.
L'association sportive : le sport fédéral est moins développé et l'association sportive va permettre à des équipes du lycée de vivre des expériences passionnantes en volley, football, cross, athlétisme et basket !



    Pendant plus de 20 ans, 5 Heures d'éducation par semaine :

A partir de 1937, la pratique sportive va progressivement prendre de plus en plus de place dans les leçons d'EPS et dans l'ensemble du système éducatif jusqu'en 1965 (et au delà pour certaines classes) la 1/2 journée de plein air est maintenue, les élèves du secondaire ont 5 heures d'EPS par semaine :
  • 2 heures d'éducation physique consacrée jusqu'en 1962 à des séances sur plateau (Hebert) et à la gymnastique. A partir de 1962, elles ont pour but l'initiation aux Sports et l'apprentissage des gestes sportifs (préparation aux épreuves d'examen / compétitions trimestrielles notées / compétition entre classe / épreuves d'athlétisme selon la table de Tessié).
  • 3 heures (en après-midi de plein air) consacrées aux sorties, aux jeux de plein air et à partir de 1962 aux sports.

  • Ces épreuves longues permettront aux élèves du lycée de se rendre sur les installations éloignées : stade de Montbareil, stade municipal (actuellement l'hôpital), stade de Roudourou (ces 2 stades disposent d'installations pour l'athlétisme). Ces séances ont souvent lieu en pleine nature, les lycéens découvriront les bois environnants (Lande de Roudourou, bois de Kergné et de Kernahort, berges du Trieux....). Pendant toutes ces années, les élèves sont regroupés pour les séances d'EPS en groupes physiologiques selon leurs aptitudes et leurs qualités athlétiques.



      De 1965 à nos jours :

    Handball : les cadets de Pavie en finale nationale


    CONCLUSION
    Au cours de cette période récente, la ville et les élèves de Guingamp héritent des luttes passionnées au sein de l'école et d'associations péri-scolaires pour l'accès des jeunes à une culture physique et sportive de qualité.
    Si l'étonnante équipe de football d'En Avant en est la part la plus significative, d'autres sont bien visibles: la vitalité et la diversité des associations sportives civiles et scolaires, l'existence de sections sportives et de l'option EPS dans les établissements secondaires et la volonté de voir s'implanter la filière sport, et, de façon générale, l'engouement des jeunes pour les activités physiques et sportives.