La volonté de prise en charge par l'état

Les réformes scolaires sous le Consulat annoncent le monopole universitaire Napoléonien, qui ne sera pas remis en cause sous la Restauration (1814-1830).

L'université sera au service de Dieu et de l'Empereur :
" Dieu et l'Empereur, voilà les deux noms qu'il faut graver dans le coeur des enfants, c'est à cette double pensée que doit se rapporter tout le système de l'Éducation Nationale."
" L'université n'a pas seulement pour objet de former des orateurs et des savants ; avant tout, elle doit à l'Empereur des sujets fidèles et dévoués."
Sous l'Empire, l'administration de l'université comprend :
1-l'Administration centrale avec les chefs de l'université (grand-maître, chancelier, trésorier) le Conseil de l'Université et les inspecteurs généraux de l'université.
2-les Administrateurs Académiques :
Recteur d'Académie, Inspecteur d'Académie, Conseil Académique.

3-l'Administration préfectorale qui ne possède pas un droit d'administration mais un droit de surveillance.
Napoléon lorsqu'il devint Empereur choisit un troisième système que l'on désigne sous le nom de monopole napoléonien. Il voulait que tous les enseignants fussent réunis en une seule et même corporation détenant le monopole de l'enseignement : l'Université.
Cette corporation serait plus ou moins imitée des ordres religieux : ses membres "épouseront l'Instruction Publique comme leurs devanciers épousaient l'église". Elle comprendra tout aussi bien les enseignants laïques et les ecclésiastiques notamment les Frères Ignorantins : "c'est en comprenant les frères dans l'Université qu'on les rattachera à l'ordre civil et qu'on préviendra le danger de leur indépendance...ils ne seront plus dangereux dès qu'ils n'auront plus un chef étranger ou inconnu".
"Le corps enseignant étant un, l'esprit qui l'animera sera nécessairement un et, sous ce rapport, le nouveau corps enseignant l'emportera nécessairement sur les anciennes corporations..."
Il n'y aura pas d'État politique fixe, s'il n'y a pas un corps enseignant, avec des principes fixes. Tant qu'on n'apprendra pas, dès l'enfance, si l'on doit être républicain ou monarchique, catholique ou irreligieux...l'état ne formera point une nation."

L'enseignement primaire n'a pas beaucoup changé. Napoléon n'accordait que peu d'importance à l'enseignement primaire. Il n'y a ni obligation, ni gratuité. Les enfants paient une rétribution scolaire sauf 1/5e des élèves, qui peuvent être dispensés de ce paiement comme indigents. Les Frères et le Clergé ont continué à jouer un role important dans l'enseinement primaire
L'enseignement secondaire : les établissements d'enseignement secondaire sont de 4 catégories différentes, on distingue :
_ les lycées, qui sont des établissements publics d'État ( une des masses de granit sur lesquelles Napoléon compte pour asseoir son pouvoir ).
_ les Collèges, écoles secondaires communales.
_ les institutions, collèges privés allant jusqu'aux classes d'humanité.
_ les pensions ou pensionnats, collèges privés
allant jusqu'aux classes de grammaire. Les petits séminaires se trouvent dans une situation spéciale.

L'enseignement supérieur : le Consulat avait déjà redonné vie à l'enseignement supérieur grâce aux Écoles Spéciales. L'Empire rétablit les Facultés et crée des Facultés des Lettres et des Sciences. Cette organisation de l'éducation sous l'Empire concerne essentiellement l'éducation masculine. L'Empereur est resté indifférent pour l'instruction féminine : "Je ne pense pas disait-il qu'il faille s'occuper d'un régime d'instruction pour les jeunes filles : elles ne peuvent être mieux élevées que par leurs mères; l'Education Publique ne leur convient point puisqu'elles ne sont point appelées à vivre en public; les moeurs sont tout pour elles, le mariage est toute leur destination.

    Que se passe-t-il à Guingamp ?

Création du collège à Guingamp :

Avant la Révolution du 22 septembre 1792, la scolarisation est très faible voire nulle. En effet, il n'existe pas d'école publique mixte ou alors soit pour les garçons, soit pour les filles qui soient gratuites. On trouve cependant des "arnaqueurs": ce sont des maîtres ignares qui sont largement payés par les parents et qui n'assurent en fait aucune éducation.
Après la révolution, on constate des améliorations du côté de l'utilité des écoles. Le collège de Guingamp bénéficie d'un plus grand intérêt auprès des édiles. Malheureusement, la ville n'octroie ses subventions qu'à la gestion et au personnel de l'établissement secondaire. Les écoles sont très mal subventionnées.
Des instituteurs communaux apparaissent. Ils doivent faire un serment, qui est obligatoire, au nouveau régime. En 1807, 150 enfants sont recensés " scolarisés "; 110 sont instruits par 3 instituteurs particuliers et 40 par un instituteur communal. On entend par instituteur particulier, des gens instruits qui ont le niveau d'enseigner mais qui n'ont pas fait de serment pour enseigner. L'argent qu'ils gagnent leur revient.

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1806 - 1830 :

Les instituteurs sont mal logés en général. En 1799, ils sont logés et installés à titre provisoire dans le Presbytère de Guingamp.Mais ce ne sont pas des mesures exceptionnelles. La ville demandera plus tard à ce qu'ils y soient installés définitivement.
Les 2 instituteurs et les citoyens De La Follie et Duval par exemple étaient payés respectivement 120 et 80 francs et devaient assurer eux-mêmes l'achat des fournitures scolaires. A la fin du mois, il ne leur restait finalement que très peu d'argent pour subvenir à leurs besoins.
Jusqu'à la fin de l'Empire, l'instruction primaire est essentiellement une affaire privée si l'on en juge par le nombre d'instituteurs particuliers. Seuls les élèves qui en ont les moyens y sont admis: on retrouve donc les enfants issus de famille aisée et dont les parents ont conscience des bienfaits de l'éducation mais toutefois l'instruction
reste rudimentaire. L'éducation ne peut intéresser que des familles dont les professions n'exigent pas un grand savoir.

En conclusion, l'application des lois sur l'école à Guingamp reste difficile même si on en retrouve de très nombreuses traces. Les instituteurs avaient la vie dure, l'instruction et l'éducation restaient très médiocres au début même si elles s'améliorent au fil du temps.

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Le "Collège" de Guingamp devient en 1850 le Collège Notre Dame: