" A Guingamp "

En 1833, une quadruple tache s'imposait à la municipalité :
  • donner vie et locaux au Collège.
  • rétablir et loger l'Ecole Mutuelle.
  • créer une Ecole Primaire Supérieure en application de la loi.
  • développer un enseignement pour les filles.
  • "Il faut tout de même signaler l’existence d’un autre réseau d’enseignement, celui des écoles particulières;...(on) dénombre pour la seule ville, cinq instituteurs particuliers, dont une femmme. Tous sont laïcs, détenteurs du brevet du second degré et tiennent une école éléméntaire dans laquelle ils pratiquent la méthode simultanée. Ces établissements sont le prolongement de ceux qui existaient sous la Restauration et même sous l’Empire...A eux seuls ils accueillent, au cours de l’hiver 1834, 185 élèves;...en comparaison les deux écoles congréganistes instruisent 480 enfants au cours de la même période."
    Yannick Kerlogot,ouvrage cité

    En 1830, le nombre d'élèves du Collège de Guingamp est en chute libre. Il est fermé temporairement. Une des raisons essentielles pouvait être la concurrence des Petits Séminaires de Dinan. La situation continue de se dégrader. En 1850, on décide de former le Collège, considéré comme trop coûteux.
    Selon la Loi Guizot, une école primaire et une école primaire supérieure, dite EPS, devrait être ouverte dans les communes de plus de 6000 Habitants. Guingamp dispose d'un collège réservé à l'élite et d'une école communale mutuelle. Mais ces écoles rencontrent des difficultés financières, matérielles ( faute de locaux,... ), des problèmes d'effectifs mais aussi d'enseignement. Il lui faut donc créer une Ecole Primaire Supérieure.
    L'objectif de l'EPS est d'offrir un enseignement supérieur basé sur l'instruction morale et religieuse, mais aussi le français, les maths, le droit commercial, les sciences, l'histoire et la géographie, ce qui permettrait d'augmenter l'effectif des élèves, ainsi que d'ouvrir d'autres classes et donc de régler les problèmes financiers.

    Lettre de Mr Allain, directeur de l’Ecole Primaire Supérieure au maire :

    "A l’époque où nous vivons, un besoin urgent se fait sentir : c’est celui d’une instruction industrielle et pratique. L’agriculture, le commerce et l’industrie occupent l’immense majorité des Français; or les longues études humanitaires ne sont indispensables ni à l’agriculteur, ni au commerçant, ni à l’industriel. Le temps consacré à l’étude par le jeune homme qui se propose d’exploiter une de ces branches ne serait-il pas mieux employé à l’acquisition de connaisssances plus spéciales, dont il aurait à faire plus tard, une application journalière. Voilà pourquoi le législateur a créé un intermédiaire entre l’école élémentaire où l’on apprend trop peu, et le collège."
    Archives municipales, 1 R 9