Les crises

 
  La première de ces crises a lieu de 1816 à 1819 : on parle de disette générale pour la France . Mais rien à voir avec celle de 1846 . Les récoltes sont désastreuses, les blés pourrissent, les pommes de terres sont gâtées par le mildiou (maladie totalement inconnue à l'époque. Les autorités craindront même que les paysans n'en n'arrêtent pas leurs récoltes).

Le maire de Trévé écrit en Janvier 1847 :

"Par la suite de la chute du commerce des toiles, une grande partie de la population se trouve sans travail sans pain et est dans une misère que vient encore augmenter, cette année-là, la cherté des vivres".

Cette période difficile dure au moins 10 ans et explique le départ des laboureurs .Etant donné l'extrême pauvreté des Trèvéens, le nombre des passeports gratuits augmente considérablement.

De même, l'examen des signatures permet de constater que ce sont les plus pauvres qui s'en vont : une grande majorité des gens ne sait pas signer.

Un texte du maire de Questembert  nous parle de ses errants :

"La plupart des communes ne pouvant apprécier ni le nombre des mendiants étrangers qui s'y présentent ni ce qu'ils reçoivent, observent qu'ils passent à différentes époques de l'année ; quelques-uns voisins des communes qu'il parcourent y passent une fois par semaine, d'autre moins souvent ; un assez grand nombre venant des départements des Côtes-du-Nord, du Finistère, du Morbihan passe en assez grand nombre pour aller travailler dans les départements de Loire inférieure, Vendée, Ille et Vilaine. Bon nombre de ces individus mendient encore en retournant chez eux (deux à trois fois l'année).