Je lui avais juré de ne jamais la laisser... Que deviendra-t-elle sans moi, abandonnée, fragile comme le cristal, seule et désemparée ?
Mille noms d'un diable, voilà le Capitaine Ardillos !
Prends donc cette salve, mâtin ! chien !
Vite, bondissons dans les talus...
Oui, j'échapperai à ces cinq grenadiers qui tentent de m'encercler ! Joséphine, je t'aime ! 
Seigneur-Dieu, pardonnez-moi...


Après avoir tué Boishardy de trois coups de feu, le Capitaine Ardillos trancha lui-même la tête de sa victime, avec un sabre. Il planta ce pauvre amas de chair défiguré au bout de sa baïonnette et le brandit victorieusement à ses troupes. Chacun s'en amusa. Puis, vers six heures du matin, les Bleus se rendirent à Moncontour et exhibèrent leur sinistre trophée sous les fenêtres de Madame Latimier Du Clézieux car celle-ci avait beaucoup contribué à la signature du traité de paix entre Hoche et Boishardy - un traité qui ne fut pas respecté !
La tête de notre chef Chouan fut également traînée à Lamballe, pour que sa soeur, désormais en deuil, puisse elle aussi s'imprégner de cette horrible vision. Puis on la jeta dans l'étang de Launay comme un simple déchet aux ordures. On la récupéra seulement lorsque l'étang fut asséché  pour la confier à l'ossuaire de Maroué.
Quant au corps de Boishardy, on raconte qu'il fut enterré au cimetière de Bréhand. Mais aujourd'hui encore, rien ne le prouve. Aucune tombe n'indique son nom. Seule une croix de granit, dressée près du chemin des Champs-Piroués, nous rappelle ce que fut le Général Boishardy...




Fin

Retour vers le sommaire