PECHE AU BANC

UNE CAMPAGNE DE PECHE A TERRE-NEUVE


          Le temps idéal était ensoleillé et avec une petite brise, avec l'eau à quatre ou cinq degrés. Mais il y avait souvent du brouillard. Les dorissiers risquaient alors de se perdre; le navire avait une corne de brume et pouvait même tirer un coup de canon pour rappeler les dorissiers égarés.
          Quand la tempête soufflait, ils ne pêchaient plus et attendaient en espérant qu'il n'y ait pas trop de dégâts.

          Les dorissiers s'éloignaient de cinq à six kilomètres pour tendre leurs lignes. Ils vidaient eux-mêmes les morues quand ils les prenaient, puis, à bord, elles étaient tranchées, salées et rangées comme on fait un mur dans les cales.

Un doris chargé de
morues.

                 L'équipage dormait à l'avant du bateau dans des couchettes superposées. Ils avaient chacun une malle avec leurs affaires personnelles.
Il y avait aussi une grande table où ils mangeaient, jouaient aux cartes, discutaient … Le capitaine était logé à l'arrière.

Des bannettes (couchettes)

            Les nouvelles étaient rares ! Parfois ils recevaient du courrier grâce au navire de la marine nationale qui surveillait la pêche. De temps en temps, un cargo qui passait prenait note de l'identité du navire grâce à son pavillon et signalait en France sa position.

          Ils revenaient quand les cales étaient pleines de morues, c'est-à-dire au bout de six à huit mois. La traversée du retour était détendue : les marins étaient contents de rentrer, leur travail était terminé. Ils jouaient aux cartes, faisaient la fête, se reposaient, mettaient des bateaux en bouteilles…

           A terre, après avoir surveillé la vente de la cargaison et touché leur paye, les marins pouvaient encore vendre dans les campagnes leur part de poisson salé (joues et langues de morues, flétans).

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