La pêche à Islande - Suite -

           Quand ils n'avaient pas de cheval salé pour bouetter  les lignes, ils utilisaient le faux poissons (lieu noir et flétan) qu'ils pêchaient. Pour compter leur pêche, ils arrachaient les langues des morues et les mettaient dans un petit sac qu'ils portaient à la ceinture.

Une faux à morue

           Il faisait plus froid en Islande qu'à Terre-Neuve. L'Islande est située au niveau du cercle polaire. Les tempêtes qui soufflaient de la terre étaient les plus redoutées : le vent venait du glacier et transportait de la glace qui se déposait sur les cordages et sur le pont; les cordages gonflaient et empêchaient les manœuvres.

          A la fin de la pêche de printemps (de février à mai), les goélettes rentraient dans les ports Islandais de Reykjavik ou Patrixfjord. Un navire, appelé chasseur, venait prendre la cargaison de morues. Les pêcheurs descendaient à terre pendant une semaine : ils pouvaient se laver à l'eau des sources chaudes, chasser, échanger des mitaines de laine ou des plumes d'eider contre de l'alcool et caréner le bateau. Ils repartaient ensuite pour la pêche d'été qui durait jusqu'à fin août.

          Quand ils étaient rentrés en Bretagne, ceux qu'on appelait les pelletas, rentraient chez eux et, souvent, travaillaient à la ferme pendant l'hiver. Les autres, « les vrais marins », restaient à bord. Ils naviguaient jusqu'à la Rochelle ou Bordeaux pour livrer les morues aux usines de séchage. Ce poisson était ensuite vendu aux pays du sud de l'Europe.

          La goélette allait aussi à Cadix en Espagne ou à Lisbonne au Portugal faire un chargement de sel pour l'année suivante. Ensuite, elle pouvait aller livrer des pommes de terre au Havre et se prépare pour une nouvelle campagne.

D'après la conférence de Jakez Guéguen,
Propos recueillis par les élèves de DAHOUET.


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