Francis, 18 ans

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BONJOUR ! Je m'appelle Francisque.

Francisque, c'est mon prénom  sur le registre d'état civil ($) . Mais tout le monde m'appelle Francis ; c'est moins difficile à prononcer. D'ailleurs, si on m'appelait F.R.A.N.C.I.S.Q.U.E. (*) je crois bien que je ne répondrais pas !

C'est moi l'aîné de la famille. Et quelle famille ! Nous devrions être neuf enfants ! Mais, malheureusement, deux de mes frères sont décédés en bas âge ($) .

Nous sommes en octobre 1916. J'ai dix-huit ans. Je suis originaire ($) d'un village, la Borgnais, en Lanrelas (*). C'est un gros village puisqu'il a quatre-vingts habitants répartis en seize ménages ($) . Vingt-huit enfants ont moins de douze ans, On y trouve treize jeunes de 13 à 21 ans et sept personnes de plus de soixante-cinq ans. Il y a onze hommes partis à la guerre. La main d'œuvre ($) a bien diminué, surtout pour les gros travaux.

Moi, je suis fort et capable de travailler aux champs. C'est pour cela que je vais chez ma tante Marie qui habite la Hartelois, à Saint-Launeuc. Elle, elle n'a pas de chance : son mari est malade, ses trois fils sont mobilisés, Édouard et Désiré au front et le troisième, Constant, à l'arsenal ($) de Rennes. A 77 ans, elle n'y voit presque plus, elle n'entend presque plus, et elle doit s'occuper de sa ferme (*) pour que ses fils Désiré et Constant puissent reprendre leur métier de cultivateurs quand cette maudite guerre sera terminée.

J'écris souvent à Désiré, à Constant et à Édouard (*). Ce sont les cousins germains de papa, et je les appelle mes oncles ($) - je suis poli, moi ! - Je leur raconte ce qui se passe ici. Ca doit leur faire plaisir, à eux qui souffrent tant. Mais quand ils me répondent, ils parlent peu de la guerre. Je suis déçu, j'aimerais qu'ils me disent ce qu'ils font.

 

Le signe (*) renvoie à un document iconographique

Le signe ($) renvoie au lexique

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Visite de la maison de Marie

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