La fête des décolailles

barb01.jpg (8239 octets)

ET MOI, je suis triste aussi. Ca fait trois ans, depuis que la guerre a éclaté, qu'on ne fait plus la fête des "décolailles" ($) .

Et je me souviens, qu'en 1913, en octobre, on s'étaient bien amusés . . .

Vers quatre heures, la journée était presque terminée. Tout le monde commençait à être fatigué. Il avait fait chaud ; on avait bu un peu plus de cidre que d'habitude (*) . Tout le village s'était regroupé chez moi.

A un moment, l'un des "battous", le plus âgé cria : "Hou ou ou ou!" Chacun posa son fléau et se retourna : toute la gent féminine  ($) avait disparu. On courut chercher les fuyardes dans le cellier ($) , dans les greniers, dans les tas de paille, bref partout où il y avait des cachettes. Bientôt on entendit des cris, des rires, des piaillements qui venaient des quatre coins de la ferme. Chacun revint sur l'aire avec sa prisonnière qui se débattait comme un diable. Il y eut des bleus et des bosses pour tout le monde.

Puis vint la réconciliation ( en fait, on ne s'étaient jamais fâchés ). On se retrouva en cercle autour de la dernière gerbe ($) . Mon père et notre voisin le plus âgé eurent le privilège de la battre sous les applaudissements rythmés des spectateurs du moment. Ma mère arriva avec deux grands pichets de cidre (*). Ce fut la tournée générale ($) , même pour nous, les enfants, car c'était la fête des décolailles.

Plus tard on se retrouva tous à table (*) pour le repas traditionnel de la fin des battages et on dansa jusqu'au petit matin.

 

Le signe (*) renvoie à un document iconographique

Le signe ($) renvoie au lexique

barb002.jpg (3318 octets)

Page précédente

 barb001.jpg (4325 octets)

Visite de la maison de Marie

barb003.jpg (4881 octets)

Page suivante