ETAPE 2 : COMPOSITION ET LEVEES DE TERRE

Après l'installation du solin pendant l'hiver, commence le travail de la terre au début du printemps.

En Bretagne, la bauge domine : on mélange de la terre argileuse dite "terre franche" avec de la paille, de la bruyère voire de la fougère et d'autres fibres parfois animales.

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Cette terre est récupérée sur le chantier lui même, sous la couche de terre végétale. C'est le travail du fermier (certains anciens trous d'extractions sont aujourd'hui des pièces d'eau ) : il récolte la terre et la débarasse des pierres grossières. On procède ensuite à la fabrication de la bauge : on humidifie, on piétine, on malaxe la terre à l' aide d'une houe : le boucart. Ce travail est rythmé par des chants et des danses. On obtient ainsi une pâte homogène, prête à l'emploi.

L'étape suivante est le couchage de la bauge à la manière de la fabrication d'un millefeuille, aucun coffrage n'est nécessaire : on fait alterner les couches de terre et fibres. Les couches se succèdent ainsi les unes sur les autres par croisement à l'aide d'une fourche à quatre dents.

 

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Il faut trois fourchées pour constituer l'épaisseur du mur.

Le maçon dirige le travail et trique la bauge à l'aide d'un gourdin pour renforcer la cohérence et donner une plus grande densité à l'ensemble. On prévoit toujours des débords interieur et exterieur d'une quinzaine de centimètres.

En façade, on ne peut dépasser 60 à 100 cm de hauteur . L'ensemble s'appelle la levée. On distingue les levées par les traits de reprise.

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Le mur se dresse enfin au paroir ; cette bêche supprime les débords et permet d'obtenir des surfaces régulières et de dessiner les angles. C'est la finition.

Une seconde levée est réalisée quelques semaines plus tard. Son sommet correspond à l'assise du plancher et de sa poutraison.

Dès lors, c'est au tour du charpentier d'intervenir : il pose ses poutres.

Le maçon élève ensuite les "pignons". La hauteur des levées est bien inférieure à celle de la façade (0,40 métre). Il s'agit de bâtir un mur très solide et de jouer la sécurité : une levée de terre trop haute pouvait "tourner", s'effondrer.

Les ouvertures sont toujours réalisées "dans la foulée". Les levées viennent enserrer les carrées de bois. On ne percera jamais une ouverture aprés l'élévation des murs : le travail serait très pénible et le maintien de ces ouvrages de bois serait bien aléatoire.


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