Les Occasions de Danse

La Gavotte Fisel

L'Accompagnement Musical

 

 

LES OCCASIONS DE DANSE

Quand une famille a un travail trop lourd pour elle, elle fait appel aux voisins. Il y a beaucoup de bonne humeur dans ces rassemblements. Le travail prend un air de fête et le meilleur moyen de récupérer ses forces à la fin de la journée n'est pas de ne rien faire, mais au contraire de jouer et de danser.
On a besoin de bras à l'occasion des foins et des moissons et dans notre pays fisel on attendait avec impatience les récoltes de pommes de terre et des betteraves. Les arrachages d'automne sont la saison bénie des festoù-noz, les fêtes de nuit.
On retrouve le même esprit de fête lors des mariages. L'accueil est très large, même les non invités sont admis. La toute première danse après le repas est réservée aux invités puis les danses suivantes réunissent tout le monde. Les malheureux y avaient leur place.
La danse fisel était jusqu'à la dernière guerre, la seule danse familière à la jeunesse. C'était une activité récréative, sociale, une matière à compétitions. C'est une danse très bien définie et originale qui tire son nom du pays que son style caractérise.

LA GAVOTTE FISEL

La danse fisel appartient à la grande famille des GAVOTTES. Le "pas de gavotte" est une séquence de huit temps. Elle est caractérisée par un changement de pas au 4ème temps qui se situe au 3ème temps dans la gavotte des montagnes et dans la gavotte du type Quimper-Chateaulin. A Poullaouen, la gavotte a aussi son changement de pas au 4ème temps, mais actuellement c'est la mode "3ème temps" qui prédomine.

Les danseurs se tiennent par la main, les avant-bras parallèles au sol. Dans la chaîne, le danseur dispose son avant-bras par dessus celui de la personne placée à sa droite. Lorsque la gavotte est courue, les bras ne sont pas immobiles comme dans la gavotte marchée mais balancent le long du corps et sont tendus.

 

Il y a trois sortes de gavotte fisel :
Dañs tro fisel ar pemdez : la danse fisel de tous les jours.

 

 



"Dañs ar butun" et "Dañs ar mouchouer ha dañs ar c'henstrivadegou : La danse des concours.

 

Voici quelques explications :

Le danseur prend appui et élan sur le pied gauche au temps 1, s'élève verticalement (très peu haut) et retombe au temps 2 sur le pied droit, repliant fortement la jambe gauche en arrière.

Les mêmes mouvements se renouvellent aux deux temps suivants :

Prise d'élan sur le gauche au temps 3, petite élévation verticale, retombée sur le droit au temps 4 (jambe gauche pliée). Mais cette fois cette retombée entraîne un changement d'appui dès que le pied droit a repris contact avec le sol (première moitié du temps 4), le pied gauche se pose à la seconde moitié du temps 4 et prend l'appui. Le droit ne se soulève que légèrement. Il reprend aussitôt l'appui au début du temps 5 (après rebondissement du gauche au droit), tandis que la jambe gauche se replie en arrière.

Puis le danseur rebondit ... pour retomber sur le gauche au temps 6 (jambe droite repliée en arrière) rebondit encore pour retomber sur le droit au temps 7 (jambe gauche repliée en arrière). Il conserve ce dernier appui au temps 8. C'est la jambe gauche qui marque la subdivision de la durée en deux temps : au début du temps 7, en même temps que le danseur retombe sur le pied droit, la jambe gauche, fléchie en arrière, bat vivement l'air de bas en haut. Elle se rabaisse un peu sur la deuxième moitié du temps pour se relever aussi vivement et lancer de nouveau le talon en direction de la fesse au début du temps 8.

Bal fisel : le bal se danse surtout dans les fest-noz.

 notes

Le Bal Fisel est une danse en rond.

Après la ronde, les couples dansent sur place, chacun donnant la main à son partenaire et tournant le dos à son autre voisin.

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L'ACCOMPAGNEMENT MUSICAL

Ces danses peuvent être accompagnées par un couple de chanteurs de Kan ha Diskan ou par un couple biniou, bombarde ou Trejeun Gaol (clarinette).

 biniou

clarinette
 bombarde

 Le Biniou

La Clarinette

La Bombarde

musiciens

Le Kan ha Diskan

Le Kan ha Diskan était et est encore aujourd'hui l'accompagnement typique de la danse dans le pays de la gavotte en ronde. Comment ça marche ? Le Kaner (chanteur) chante la première phrase. Le second, le diskaner chante la fin avec lui, au moins les toutes dernière notes puis rechante seul la phrase entière. Le Kaner le double sur les dernières notes puis enchaine seul la phrase suivante. Chacun ainsi tour à tour. Les fins de phrases sont toujours dites à deux .
Les danseurs du pays fisel ne voyaient les sonneurs de biniou et de bombarde qu'aux grandes fêtes. C'était un luxe coûteux. Ils venaient en général du Morbihan.

La clarinette
An Dreujenn Gaol

La clarinette est un instrument à anche simple. La plupart du temps, le bois utilisé pour la fabrication est l'ébène. Les sonneurs traditionnels préfèrent la clarinette à treize clés. Elle a été très pratiquée dans certaines régions de Bretagne mais est restée plus ou moins dans l'ombre. Elle s'est probablement installée en Bretagne dans les années 1820. Elle était associée au violon , au biniou ou à la vielle. Dans le pays de Rostrenen elle est arrivée vers 1920 car le pays de la danse Fisel n'était pas un terroir de clarinette au départ. C'était plutôt le pays de la bombarde et du biniou. Les sonneurs étaient pratiquement des professionnels jouant pour les noces qui durait trois jours. Ils en faisaient parfois deux dans la semaine. La clarinette permettait de jouer dehors ce qui lui conférait un prestige supérieur. Ce n'était pas un vrai métier mais jouer de la clarinette permettait à beaucoup de jeunes dont les fermes n'étaient pas grandes de trouver une occasion de se valoriser et de gagner un peu d'argent. Cela a duré jusqu'aux années cinquante. Puis elle est passée de mode.

Elle est maintenant utilisée dans quelques terroirs bretons, surtout en pays Fisel. En langue bretonne elle est baptisée "Treujeunn Gaol" : "trognon de choux". Elle se prête bien à la musique traditionnelle. En haute Cornouaille la tradition est toujours vivante. Les sonneurs par couple se répondent à l'imitation de chanteurs de Kan ha Diskan .

Les gens aujourd'hui recherchent leurs racines, viennent apprendre les danses bretonnes. Ils sont nombreux à les pratiquer tous les ans à la fête de la clarinette au mois de mai. Elle connaît aujourd'hui un renouveau d'intérêt et l'association
" Paotred an dreujenn gaol " s'est mise en place pour redonner sa place à cet instrument.

expo

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