SAINT ADRIEN,  en bordure de la route de Scaër à Bannalec

 Durant la Révolution, le quartier aurait pu abriter des prêtres réfractaires à Crémoren, dont le manoir devait disposer d’une petite chapelle et d’un baptistère.

La chapelle Saint Adrien est construite par Charles 1er de Quimerc’h élevé en 1420 à la dignité de baron et de chambellan par Jean V Duc de Bretagne.

         De plan rectangulaire, au chevet plat, l’édifice est doté au Nord d’une petite chapelle privative, qui était jusque dans les années 1950 séparée de la nef par une claire-voie en bois. Cette chapelle latérale, dédiée à Notre-Dame, était primitivement réservée aux membres de la famille des Seigneurs de Quimerc’h à Bannalec, titre dévolu aux Hautbois depuis le mariage contracté en 1350 entre Jean de Hautbois et Alix de Quimerc’h. Les blasons des différents titulaires du fief de Quimerc’h sont inscrits sur les murs extérieurs. Les Armes de René de Tinténiac et de Louise de Guer mariés en cette chapelle en 1652, figurent sur le tympan de la fenêtre Sud

 

PORCHE 1426-1430  : Le mur-clocher Ouest est ouvert par un porche flamboyant en anse de panier, dont la double voussure est accolée de deux colonnes engagées sculptées d’un treillage en losanges. Le fronton dessine une accolade parsemée de quatre motifs floraux au centre desquels un personnage présente un phylactère (banderole utilisée par les artistes du Moyen Age pour y inscrire les paroles prononcées par les personnages d’une sculpture). Au sommet, l’extrémité du fleuron a été remplacé après 1430 par un ange portant les armes d’Olivier Jourdain de la Villeneuve, récemment lié par mariage à la famille de Quimerc’h.

A DECOUVRIR  :

Seigneur 1426-1430  :    Faisant pendant au vilain à droite du porche, un seigneur, en cotte de mailles et culotte à motifs géométriques, s’apprête dans une posture déséquilibrée à extraire son épée de sa ceinture. L’homme de guerre est invité, sur le même plan que le paysan attaché à la glèbe, à entrer dans le sanctuaire. Les trois ordres de la société féodale, clergé, seigneurs et serfs, sont ainsi évoqués.

 Paysan 1426-1430  :    Taillé en ronde-bosse, ce personnage semble sortir du pilastre gauche du porche. Vêtu d’un bourgeron (courte blouse) serré à la ceinture et muni d’un outil, il a les attributs et la posture du paysan. Cette évocation de la condition servile trouve son pendant symétrique sur le pilastre de droite.

About, vers 1430  : A l’extrémité sud de la chevronnière du chevet, un ange agenouillé aux ailes repliées présente le blason d’Olivier Jourdain de VILLENEUVE. Originaire de Guiscriff, ce seigneur est l’époux de Constance du Hautbois, née au château de  Quimerc’h à Bannalec.

 

 Tympan de la fenêtre sud  : Armes de René de Tinteniac et de Louise de Guer mariés en cette chapelle en 1652.

 

Cloche  : La cloche de Saint Adrien aurait été fondue à Quimper en 1859 et baptisée par le Curé Billon, le parrain était Jean Louis Fromentin et la marraine Marguerite Toupin.

 

Statue de Saint Adrien    XVIème siècle (bois polychrome)  :

         Saint Adrien est représenté en centurion romain, brandissant son épée d’une main et tenant de l’autre le marteau de son martyre. Vainqueur de dragon, dont il écrase la tête, le valeureux guerrier est doté d’un autre attribut de son supplice : l’enclume déposée à ses pieds. La statue est abritée  d’un dais posé sur des colonnettes cannelées et ornées de feuillages dans leur partie inférieure. L’ensemble est élevé sur une console de granit gravée de deux lions portant un écu non armorié.

Officier dans l’armée de l’Empereur Maximien, il fut chargé de présider à Nicomédie (actuellement IZMIT Turquie) aux supplices des  chrétiens. le courage des martyrs l’émut à  tel point qu'il se convertit et se fit baptiser. Jeté en prison, il subit les plus cruelles tortures, encouragé par sa femme Nathalie qui pénétra, déguisée en homme dans son cachot. Le bourreaux brisèrent ses membres à coup de marteau sur une enclume; après quoi, on lui trancha la tête. Son martyre aurait eu lieu au début des années 300.

            Il est le patron de nombreux métiers:

-          des soldats à cause de ses fonctions dans l'armée romaine;

-          des geôliers et des bourreaux qui le choisissent comme protecteur de leur victime;

-          des forgerons parce que l'instrument de son martyre fut une enclume;

-          des messagers et postier parce qu'après sa mort, il apparut deux fois à sa femme et lui transmit des messages.

Statue classée monument historique depuis le 25 janvier 1963.

 

Statue de Saint Tugen ou Saint Corentin?

 Saint Tugen  : Evêque breton du VIème siècle, sa clef miraculeuse servait d'amulette contre les morsures des loups et des chiens enragés: on frottait contre cette clef des morceaux de pain qui mettaient ces animaux en fuite. Son autre spécialité était la guérison des maux de dents: on employait à cet effet des petits pains carrés, appelés pains de la clef qui, après bénédiction se gardaient des années sans moisir. A comparer avec les autres statues de Saint Tugen de Riec sur Belon  et Primelin.

Saint Corentin  : Né dans la ville même qui s'appellera plus tard de son nom: Quimper-Corentin, celui qui sera le premier évêque de Cornouaille fut ordonné prêtre par Saint Martin, il vécut d'abord en ermite au pied du Méné-Hom. Il y buvait l'eau d'une source qui le nourrissait aussi, car elle était habitée d'un petit poisson qui chaque matin se présentait au Saint homme; il en coupait la moitié pour le faire cuire et rejetait l'autre dans le bassin où l'animal se reconstituait aussitôt intact et guilleret. Éclairé par ce prodige, le roi Gladlon fit de Corentin le chef d'un important monastère-école, puis le plaça à la tête du diocèse dont il reste le patron depuis quatorze siècles.

Statue de vierge à l'enfant XVIème siècle (bois polychrome)

            La vierge portant le Christ-Roi muni d'un globe terrestre, écrase de son pied un monstre à queue de dragon et au buste féminin à 3 seins. Cette représentation symbolise la victoire du christianisme sur le paganisme. En effet, ce monstre dénommée "démone" par les Scaérois, évoque la déesse-mère païenne à triple mamelle contenue dans le légendaire breton du IXème siècle. Cette déesse, connue des deux côtés de la Manche jusqu' en Irlande, est christianisée en Sainte Gwenn, mère des jumeaux Jacut et Guethenoc et de Guénolé leur cadet. La Légende rapporte que ses aînés ayant tari ses deux seins, Dieu lui en attribua un troisième pour nourrir son troisième enfant. Statue classée monument historique depuis le 25 janvier 1963.