CHAPELLE du SAINT SAUVEUR de COADRY

 

XIIè- XIVè - XVIIè siècles - Granit

 

Située au point de rencontre de trois routes, la chapelle est fondée par les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, qui la dédient à Saint Jean Baptiste.  Il s'agissait d'une dépendance de la Commanderie de La Feuillée.  Elle conserve sa nef romane à quatre arcades en plein cintre reposant sur des piliers cylindriques.  Le chœur gothique est élevé au XIVème siècle et la façade est reconstruite en 1691.

 

Croix de Malte

Creusée dans un pilier de la nef, cette croix de Malte évoque l'ap­partenance de la chapelle à l'ordre religieux qui, jusqu'à la révolution, perçu une dîme sur les aumônes faites à Coadry.  Fondé en 1113 par le pape PASCAL II, l'ordre des hospitaliers est placé sous la protection du Saint cypriote Jean l'aumônier, évêque d'Alex­andrie mort en 617; il a pour mission de protéger et de soigner les pèlerins en Terre sainte.  Après la défaite des chrétiens par les ottomans en 1201, l'ordre s'installe à Chypre, puis à Rhodes en 1310 et s'établit à Malte en 1329.  Il reçoit une partie des biens de l'or­dre militaire des Templiers, créé si ans après lui mais dissout par Clément V eN 1312.  Chassé de l'île en 1798 par Bonaparte, l'ordre de Malte s'installe à Rome après le traité de PARIS en 1814.

 

Christ gisant - XVIe siècle - Bois (L. 155cm)

Reposant sur un coffre de pierre dans le collatéral nord, le Christ gisant porte les stigmates de la Passion ; un coussin peint en route soutient sa tête couronnée d'épines.

 

Bas-relief- XVIe siècle - Pierre polychrome

Le bas-relief présente en trois tableaux l'histoire de la chute et de la rédemption : - Saint Michel armé d'un glaive repousse Adam et Eve dans la gueule du dragon, le Christ en croix est assisté de la Vierge et de Saint Jean et le Christ-Roi siège à l'extrémité de droite, di­rection qui symbolise sa divinité. L'ensemble domine l'autel du bas-côté nord.

 

Sépulcre- 1742 - Sculpteurs Grégoire Trolais et Henri Travel – Pierre

Placé dans un enfeu du mur nord, le sépulcre est consacré par le cha­noine Michel Floch et par le fabricien Bernard Pencoët.  Le Christ gisant, étendu sur son linceul, est veillé par deux anges.  Le fond de l'enfeu aux couleurs vives comporte six panneaux où son représentés les instruments de la Passion sur le bandeau inférieur, et, sur la partie supérieure, l'aiguière du lavement des mains de Pilate, le voile de Sainte Véronique et le coq de Saint Pierre.  Au-dessus de l'arcade, une tête d'ange baroque soutient une longue guirlande flo­rale.

 

Croix- Moyen Age

Deux croix se dressent en biais au Sud de l'enclos de la Chapelle.  Elles sont taillées dans un monolithe plat et leur fût trapézoïdal ainsi que leur croisillon court suggèrent qu'elles ont été découpées dans les piliers d'une allée couverte néolithique.  Elles ont peut être été réalisées au cours des Xe et XIe siècles.

 

Plaque tombale -1858 - Marbre

Cette plaque commémorative est apposée à la tombe de la Dame de Coa­taner de Carné, marquise de la Roche en Saint-Thois, morte dans son manoir de Trévalot en 1646.  Voisine de Coadry, Trévalot est au Moyen Âge l'une des seigneuries les plus puissantes de Scaër.  Aux alentours de la motte féodale préservée, plusieurs châteaux se succèdent, dont il ne reste que les pierres de fondation de la chapelle Saint Eutrope La famille de Trévalot, illustrée par Hervé de Trévalot, gouverneur de la place forte de Pont-L'Abbé en 1384, s'éteint vers 1550.  Le do­maine de Scaër, élevé au rang de vicomté, passe ensuite à huit famil­les dont les Carné et les Euzennou de Kersalaün.  Louis XVI érige en 1775 la terre de Trévalot en marquisat.

 

Fresques  1870 - Peintre  :  Georges Fischer

Une série de fresques légendées en breton décore le haut de la nef.  Quatorze tableaux disposés sur les murs nord et sud retracent la vie de Jésus depuis l'Annonciation jusqu'à la Résurrection.  Les fresques les mieux conservées sont celles de la Nativité, de la Présentation au Temple, et de la Fuite en Egypte.  Elles sont dues à un professeur de dessin vannerais, d'origine anglaise, qui exerçait ses fonctions dans la marine d'Etat à Brest, où il est décédé en 1890.  Un bombar­dement allié a détruit en 1940 les cartons originaux déposés au musée de Brest.

 

 

Statuaire de la chapelle

 

SAINT ROCH

Attributs : costume de pèlerin, une plaie sur la cuisse, un chien tenant un pain dans sa gueule. Grand protecteur contre la Peste, ROCE est un saint voyageur et charitable tout à fait historique né au XIVème siècle à MONTPELLIER.  En soignant les pestiférés, il contracta lui-môme le mal, et c'est ce qu'indique l'abcès qu'il montre en retroussant sa tunique ou par une échancrure pratiquée dans sa culotte.  Il avait fait le pèlerinage de ROME et DIEU eut de grandes faveurs pour ce bon serviteur : un chien lui apportait régulièrement à manger, et un ange venait le réconforter : c’est lui parfois qui montre le bubon (dans certains cas, par analogie sans doute avec Saint HERVE, l'ange est remplacé par un jeune garçon).

SAINT JEAN-BAPTISTE

JEAN-BAPTISTE est en quelque sorte à la fois le dernier des prophètes de l'Ancien Testament et le premier martyr du Nouveau.  Sa place est considérable dans l'iconographie.  En dehors même de la scène capitale du Baptême de Jésus qui figure sur divers grands calvaires et des panneaux de verrières on de boiseries qui relatent les épisodes de sa vie, naissance, prédication, décollation il est sculpté sur plusieurs croix morbihannaises.  La paroisse de SAINT JEAN du DOIGT est ainsi nommée d'une relique insigne qui y était vénérée : l'index même dont le Baptiste avait désigné Jésus en proclament : "Voici l'Agneau de Dieu".  C'est pré­cisément ce que rappellent ses statues : il tient en général, encadré dans une sorte de nimbe ou posé sur un livre un agneau qu'il montre de l'autre main.  Mais son originalité est aussi dans son costume : pour rappeler sa rude vie au désert, on le vêt d'une peau bovine dont il s'est fait une longue tunique hirsute souvent les pattes de l'animal, avec ses sabots et sa tête, avec le mufle et même les cornes pendent jusqu’à terre le long de ses jambes nues. 

SAINT LAURENT

LAURENT selon la tradition était un diacre de l'Eglise de ROME au IIIème siècle.  Son martyre fut d'être rôti tout vif à petit feu (la scène se voit sur un vitrail du XVIème siècle à Notre Dame du Cran à SPEZET.  Les statues le montrent en dalmatique (vêtement liturgique insigne de l'ordre des diacres) avec un livre, car la fonction liturgique des diacres était de lire l'épître du jour.  Mais surtout il tient fièrement comme une épée qu'on dresse ou négligemment comme une bêche où l'on s'appuie, un gril à barreaux parallèles ou entrecroisés.

SAINTE CATHERINE DIALEXANDRIE

Attributs : une roue et une épée

Cette CATHERINE (à ne pas confondre avec son homonyme, dite de Sienne, religieuse italienne du XIVème siècle qui fait pendant à Saint DOMINIQUE dans tant de retables et de tableaux consacrés au Rosaire) n'est connue que par la Fable, qui fait d'elle à la fois une grande princesse et une grande intellectuelle.  Elle tient tête aux controversistes païens les plus savants, et Maximien, empereur de ROME, outr6 de la voir le refuser pour mari la fit supplicier.  Des roues à éperons de fer commen­çaient à la déchiqueter lorsque DIEU, d'un coup de foudre, les fit voler en mor­ceaux; CATHERINE fut alors décapitée : c'est ce qui rappellent ses deux attributs, tandis qu'une couronne atteste son rang princier, un livre ses dons de théologienne et que, sous ses pieds l'impérial tyran se convulse de rage et d'impuissance.

SAINTE APOLLINE

Attribut : une dent arrachée tenue par elle-même ou par un bourreau

Refusant d'adorer les idoles, dit-on, APOLLINE, avant d'être brûlée vive, eut tou­tes les dents arrachées.  Dans les statues peintes elle a la bouche tout ensanglan­tée, et tient une molaire serrée dans des tenailles.  Souvent c'est le supplice môme même qui est figuré : deux tortionnaires armés d'énormes pinces de forgeron s'ac­tivent autour d'elle avec un rictus sadique.

SAINTE ANNE

Attributs : la Vierge marie toute jeune et un livre

Toute la gloire de Sainte ANNE est d'avoir donné aux hommes sa fille.  Tel est le sens de toutes les images que l'on a d'elle en Bretagne : elles ont trait qu'à cette maternité, sauf sur un vitrail de Saint Fiacre du PAOUET où elle se voit avec les trois maris, les trois filles, les trois gendres et les sept petits fils que lui accorde la Légende, et sauf en quelques retables où elle fait pendant à Saint JOACHIM son époux.  ANNE vieille femme très digne sous son voile d'aïeule, a près d'elle une Marie qui n'est souvent qu'une fillette de huit ou dix ans, ce qui ne l'empêche pas, même dans ce cas de tenir dans ses petits bras l'enfant JESUS comme une poupée vivante.  Donnée toute familière surtout quand elle cajolent toutes deux le bébé.  Mais en général ANNE le visage sévère apprend à lire à sa fille qui est debout à côté d'elle ou assise sur ses genoux.  Ce n'est pas là seulement pour l'imaginer une scène de genre; il s'agit, au delà de la fonction éducatrice de Sainte ANNE, de rappeler symboliquement que c'est par elle que s'est incarnée la promesse des Ecritures.  Aussi porte-t-elle le livre même quand Marie est représen­tée adulte.

SAINT ALER ou ALAR

C'est le célèbre Saint ELOI ou si ce n'est lui, il a été supplanté par le conseil­ler du Roi DAGOBERT, qui sut terminer une guerre contre le Roi JUDICAËL évitant les effusions de sang tout en remplissant sa bourse. on a beaucoup d'estime pour lui en Bretagne.  Il est le saint patron des orfèvres et des forgeron,  On le représente  parfois ferrant un cheval d'une manière le qui lui était propre : pour ne pas se fa­tiguer, il détachait la jambe et la remettait ensuite en place ! A PAULE (Côtes d'Armor), il a une chapelle où on lui amène les chevaux, qu’on fait tourner trois fois; même coutume au pardon de Saint ELOI à SPEZET.

 

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