La légende de Coadry

Lorsqu’il nous est donné d’ouvrir les livres, qui à la fin du siècle dernier, firent les premières relations des pardons bretons, on rencontre le nom de Coadri en Scaër.

 

       Au milieu de ce même siècle, Brizeux clamait :

       « Ce pardon sans mentir est le roi des pardons et la Cornouaille envoie ici tous ces cantons. »

       Aujourd’hui, l’évolution de ce canton a fait qu’on ne parle plus guère du pardon qu’au titre des grand s souvenirs.           

       Coadri est un hameau à cinq kilomètres de Scaër, sur la route de Coray. Les arbres de son placitre   enserrent  une chapelle composite dont la nef est du XIème siècle, la façade ouest du XVIIIème siècle et le chœur refait naguère dans le goût du XIVème. Son origine se greffe, dit-on, sur un temple païen délaissé à l’évangélisation de la Bretagne, lorsque arriva dans le pays, Sainte Candide, patronne de Scaër.

       Or un jour lointain, le comte de Trévalot, seigneur du lieu, est attaqué par le terrible seigneur de Coatforn qui a déjà jeté douze épouses dans un gouffre proche de son château. Le sire de Trévalot se sent perdu et invoque le Christ. S’il lui donne la victoire, il lui fera bâtir une chapelle sur ses  terres. Le seigneur de Coatforn est vaincu. Et celui de Trévalot se doit de réaliser son vœu. Mais où bâtir  la chapelle ? Selon une vieille ordalie souvent rencontrée dans le légendaire breton, deux bœufs traînant une charrette remplie de pierres seront laissés à eux-mêmes. L’endroit où ils s’arrêteront sera l’emplacement de la chapelle.

Rectangle à coins arrondis: Retour       Ce furent les ruines du temple païen de Coadry  qui furent choisies  par les deux bovidés. On s’enquit d’ouvriers , ils arrivèrent le lendemain pour constater que les ronces avaient disparu pour faire place à un jardin fleuri et que les pierres naguère en désordre se trouvaient rangées pour la construction. De plus jaillit une fontaine qui guérit les malades. La chapelle est bientôt debout et son clocher est placé par un géant sans l’aide d’aucun échafaudage. La tombe de ce colosse est délimitée par deux vieilles croix séparée de 25 mètres, l’une marquant la tête, l’autre les pieds du géant.