HISTOIRES DE CLOCHER

 

L’ancien clocher de Scaër fut vendu à Guiscriff en 1892.

Le clocher ne fut pas construit en même temps que l’église en 1873-75. Le livre des comptes de la Paroisse de 1889  fait état dans les recettes de «dons pour la flèche ». En 1891, il est question de la construction du clocher qui  coûta 10.219 F de l’époque selon le livre des comptes de fabrique. Pendant quelques mois, Scaër s’enorgueillit de posséder 2 clochers : une photographie de l’époque atteste cette réalité. En 1892, on installa les 4 cloches pour un montant de 9.040 F, y compris le «beffroi », c’est à dire l’empoutrement soutenant ces cloches. Ces travaux furent financés par la vente de l’ancien clocher, les comptes de la Fabrique de Scaër pour l’année 1892 confirme cette vente à la paroisse de Guiscriff. En passant par Guiscriff, levez les yeux pour contempler cette dentelle de pierres qui pointait autrefois  dans le ciel scaérois : une photo fut prise  dans les années 1880, montrant le clocher  de l’ancienne église, se dressant seul au milieu de la place.

De Gauche à droite  :  l’ancien clocher de Scaër après la démolition de l’église, L’église de Guiscriff avant  la pose du clocher de Scaër, l’église de Guiscriff après la pose du clocher de Scaër

 

 

 

 

COMPLAINTE POUR UN VIEUX CLOCHER

 

En sursis. - Lors de sa délibération du 3 Novembre 1872, le Conseil de fabrique de SCAER avait renoncé à adosser la nouvelle église en projet au clocher du vieil édifice. (Archives départementales du Finistère).  Quelles étaient les raisons de cette décision ? Une lettre du curé de SCAER l'abbé CARADEC, au préfet du Finistère, en date du 3 Mars 1892, rappelle les motifs alors invoqués : "La base de la tour est nulle, maigre, grêle ... les galeries, la chambre des cloches n'ont aucune valeur artistique, les pierres sont disjointes.  La nouvelle église (devant être) rebâtie sur l'em­placement de la vieille église, les galeries du clocher seraient dépassées par la hauteur (du nouvel édifice)".Ainsi, diverses raisons, en particulier d'ordre esthétique, incitaient, dès 1672, à refuser l'intégration de la vieille tour.  Toutefois, dans ce projet, il était admis que "la flèche du clocher serait descendue, les pierres numérotées" et que plus tard "cette flèche serait améliorée et replacée".  En fait, la fabrique désirait "réser­ver le clocher actuel jusqu'à ce que les ressources permettent de construi­re un nouveau, afin que le service des cloches ne soit pas interrompu.

 

Démolition votée. - Le temps passe ... L'état des finances a permis d'édifier un nouveau clocher sans faire appel aux pierres du vieux clocher.  Aussi, dans ces con­ditions, le conseil de fabrique, lors de sa délibération du 18 Octobre 1891 vote la démolition en mettant en avant les arguments suivants : non seulement l'ancien clocher est devenu désormais inutile, mais en outre, gêne la circulation autour de la nouvelle église (en effet, la distance entre les deux constructions n'est que du 2,20 m seulement i) et masque en partie le tout récent édifice.  De plus ces deux clochers, presque juxtapo­sés, ont entre eux aucune proportion et diffèrent de hauteur et de style.  Plus grave, le maintien de l'ancien clocher ne manquera pas d'entraîner des frais d'entretien ; déjà les réparations s'avèrent urgentes, tant pour le consolider que pour lui enlever son aspect délabré dû à la démolition de l'ancienne église.  De toute façon, tôt ou tard, il faudra se décider à le descendre.  De son côté, le conseil municipal de SCAER, lors de sa délibération du 8 Novembre 1891, vote l'aliénation de la flèche au profit de M. LE NAOUR, entrepreneur-appareilleur de Quimper, pour 1.500 F; cette somme est prévue pour l'achat d'une cloche à placer dans le nouveau clocher.

 

 

Z’avez  pas l’heure. ?

Une première horloge mécanique fut installée en 1895, la tourelle qui flanque le clocher côté rue J Jaurès, servait à loger le contrepoids. Nous n’avons pas pu savoir quand cette horloge fut électrifiée. Le carillon de 4 cloches retentit lors des fêtes et cérémonies. En 1931, La cloche Jacqueline-Henriette a remplacé «  Marie-Renée » qui était fêlée.  En 1935, «  Césarie », 912 kg, fondue à Villedieu-les –Poêles fut hissée au sommet de la tour. Un puits logé dans la maçonnerie de cette tour permet d’atteindre la chambre des cloches à 25 mètres au-dessus du porche.

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