La fabrication était assez diverse, de la layette qui allait de 6 mois à 2 ans en Bleu Blanc Rose (c'était les couleurs pastel pour bébé à l'époque des robes variées de 2 ans et 4 ans, gilets et pulls toutes teintes et tous genres de 4 à 16 ans, des pantalons golf et fuseau de 2 à 8 ans et des anoraks. Puis venait la collection femme et homme : nous faisions deux collections par an de 50 à 60 pièces pour lesquelles il fallait renouveler les genres.

Donc avec la laine bobinée, les mécaniciennes entraient en action pour faire les morceaux de différentes largeurs et longueurs ; à la suite de quoi la coupeuse donnait avec des patrons formes et genres différents.

Une fois la coupe faite, on passait au montage avec de petites machines, genre machines à coudre, qu'on nommait "surgeteuses - raseuses" car elles étaient munies de 2 petits couteaux qui faisaient un travail net. Il fallait faire attention que ça n'aille pas de travers. Donc, on assemblait corps, manches et cols.

Ensuite intervenaient les finisseuses à domicile qui faisaient les boutonnières, cousaient les boutons, et sur certains modèles, des points fantaisie et broderies. Puis on passait au repassage à la pattemouille pour aplatir les coutures et donner le petit coup de main qui peaufinait la présentation. Le repassage se faisait avec un gros fer électrique (lourd).

Autre aspect de cette période : Nous avons eu la guerre, et la matière première étant contingentée par les Allemands, il a fallu faire face. Comme je l'ai mentionné précédemment, il y avait des chutes que l'on stockait et qu'on mettait en balles. Pendant cette période, la pénurie s'était renvoyée en filature. Une fois ces déchets retravaillés, la filature renvoyait de la laine filée que cette fois nous transformions en chaussettes pour lesquelles il fallait moins de matières et plus de temps, ce qui a permis de durer.

Le métier n'a pas évolué pendant la période citée pour cette petite entreprise, mais déjà apparaissaient, quelques années auparavant, des machines à moteur, des ciseaux électriques, des presses-repasseuses, ce qui rendait le travail moins pénible et davantage de rendements pour faire face à la concurrence.

Le patrimoine du
bocage vitréen

Le tricot jusqu'au 20ème siècle

           
Souvenirs de tricoteuse

La petite histoire de Coudémaille

3 Jusqu'en 1950

3 De 1950 à aujourd'hui

Les conditions de travail étaient assez précaires. Il n'y avait pas de contrats, pas d'apprentissage. Il fallait comprendre et enregistrer le plus rapidement possible pour être performant.
L'atelier était fermé entre Noël et le premier de l'an et nous étions payés."



Madame Veillerobe (le 6 janvier 2000)