Les trois poils du diable

C’est l’histoire d’un couple. Ils viennent d’avoir leur vingt et unième enfant, et ils commencent à se faire vieux.

Un jour, une sorcière rencontra la mère et lui dit : " Plus tard votre fils épousera la fille du roi ! ".

La mère du garçon était si heureuse qu’elle le dit à tout le monde, et cette nouvelle alla de village en village. Mais un jour cette nouvelle parvint jusqu’aux oreilles du roi. Aussitôt, celui-ci déclara que jamais un fils de paysan n’épouserait sa chère fille. Le roi se déguisa en marchand et quelques jours plus tard arriva à destination.

Il rencontra les parents du beau bébé et leur déclara : " Vous êtes beaucoup trop vieux pour élever cet enfant, donnez-le à ma femme et à moi. Nous l’élèverons comme si c’était notre propre fils. "

Après un instant d’hésitation les paysans acceptèrent la proposition du marchand. Après être parti, le roi mit le bébé dans une boîte qu'il jeta dans une rivière puis il repartit vers son château.

Quinze ans plus tard, le roi régnait toujours. Un jour, il  partit collecter les impôts. Il se rendit chez un meunier avec ses seigneurs. Au moment de charger la farine, le meunier appela son fils et un beau jeune homme apparut. Le roi lui dit qu’il avait un beau fils . Alors le meunier lui raconta qu’il l’avait trouvé dans une boîte alors qu’il allait se faire écraser par son moulin. En ouvrant la boîte, il avait vu un beau bébé qui lui souriait. Aussitôt le roi reconnut cette histoire mais n’en dit rien à personne. Il demanda au meunier s’il pouvait demander à son fils de lui rendre service afin qu’il porte à la reine une lettre urgente. Après avoir écrit et mis un cachet de cire, il donna la lettre au jeune homme. Le fils était tout fier de porter une lettre à la reine, mais il ne savait pas que dans cette lettre était inscrit : " Il faut tuer ce messager le plus vite possible et de n’importe quelle manière, je t’expliquerai ça à mon retour. "

Fatigué de marcher dans la forêt, le messager vit une cabane où logeaient des brigands,  mais par chance ils n’étaient pas là. Il trouva quelque chose à manger et s’endormit sur la table. Les brigands arrivèrent. Un des brigands dit : " Il faut le tuer ". Le chef de la bande répondit : " Attendez, il y a une lettre pour la reine. Lisons-la ". Quand ils eurent fini de la lire, ils dirent : "  Cet individu est un des nôtres, nous allons le laisser en vie et nous allons changer les phrases ". Puis ils marquèrent : " Ma chère femme, il faut marier notre fille avec ce jeune homme. N’attendez pas mon retour. "   Puis ils s’en allèrent contents d’avoir aidé un des leurs.

Quand le jeune homme se réveilla, il prit la lettre et se remit en route. Arrivé au palais, il la remit à la reine. Quand elle eut fini de lire le message, elle se mit à préparer le mariage de sa fille. Les jeunes gens se marièrent et le roi arriva. Il fut très surpris en voyant le jeune homme avec sa fille. " Comment cela se fait-il ?  dit-il, j’avais donné un ordre différent dans ma lettre ". La reine la lui montra et il fut très étonné. Le roi répliqua : " Ce n’est pas ce que j’ai écrit  ". Il appela son gendre et lui dit : "  Si vous voulez garder ma fille, il faudra me rapporter trois poils de la barbe du diable ". Le jeune homme se mit aussitôt en route et traversa beaucoup de pays. Un jour, il vit un village où tout le monde était déboussolé à propos d’un arbre. Il s’approcha  et  demanda ce qui n’allait pas. Un des habitants lui dit : " Nous avions un pommier où il ne poussait que des pommes d’or mais l’arbre ne fournit plus rien. Peux-tu nous aider ? " Le jeune homme répondit : " Je suis désolé, je suis pressé, mais au retour je vous aiderai ". Et il se remit en route.

Après plusieurs heures de marche, il arriva dans un autre village, et les habitants, eux aussi, étaient tristes. Bien sûr, le mari de la princesse leur demanda ce qu’ils avaient, comme dans le village précédent, et dans celui-ci il n’y avait plus d’eau dans la rivière. On lui demanda son aide, mais le jeune homme leur promit de les aider à son retour. Puis il repartit. Au bout d’un moment, il arriva à une rivière et un passeur vint le chercher. Il embarqua dans la barque et le rameur lui dit : "  Je ne veux plus jamais ramer, voudrais-tu prendre mes rames ? " Le prince dit :  "Plus tard, je suis pressé ". Quelque temps après, se trouvant de l’autre côté de la rive, il vit un château qui était très sombre. Il monta les marches du château et frappa à la porte. Une vieille dame vint ouvrir et le jeune garçon raconta son histoire à la vieille. Aussitôt la vieille bonne femme s’aperçut que ce jeune homme était le bébé à qui elle avait prédit qu’il deviendrait le mari de la princesse. Naturellement, elle voulut l’aider, et elle lui dit : "Je vais te transformer en fourmi et je te mettrai dans ma poche et tu écouteras tout ce que je dirai."

Quand le diable rentra, son souper était prêt, et aussitôt après il se coucha. Quand il fut bien endormi, dans sa longue barbe, la sorcière enroula autour de son orteil un poil de barbe et, "clac ! ", elle tira. Le diable se réveilla, commença à se fâcher et dit : "  ça ne va pas ! " La sorcière lui répondit : "Pardon, mais j’ai fait un cauchemar. 

- Ah ! bon dit le diable, et quel genre de cauchemar ? 

- Eh bien, dit la vieille, dans un village, il y avait un pommier qui faisait des pommes d’or mais il pourrit.  

- Ah, ah ! Mais c’est moi qui ai fait ça , dit le diable, ils n’ont qu’à déterrer le cadavre qui est sous l’arbre et les pommes pousseront ". La bonne vieille dit : " Ah bon ! " Et le diable se rendormit. Quelques minutes plus tard la sorcière renouvela l’opération  et "clac ! ", le diable hurla.

La sorcière s’empressa de dire : "J’ai encore fait un mauvais rêve. Cette fois-ci ce sont des villageois qui sont tristes car dans leur rivière il n’y a plus d’eau ." 

Et le diable lui dit :  "Ah ! ça c’est encore moi. Ils n’ont qu’à délivrer le crapaud qui se trouve sous une pierre et l’eau rejaillira. Bon, bonne nuit ". 

La sorcière n’osait plus réveiller le diable mais pourtant il le fallait ! Donc elle enroula la barbe autour de son orteil et "clac ! " Et le diable cria : "Non mais, tu arrêtes ". La bonne vieille répliqua. : " Excuse-moi, mais j’ai encore fait un mauvais rêve ! 

-  Et de quoi s'agit-il cette fois-ci ? 

- Eh bien, commença la sorcière, c’est un passeur et il en a assez de ramer. 

- Et ça, c’est encore moi ", dit le diable. Qu'il donne ses rames au prochain passant,  et il sera libre. Mais maintenant laisse-moi dormir." 

La femme sortit de la chambre, redonna forme au chercheur des trois poils, et lui donna l’objet de ses efforts plus les solutions aux trois problèmes. Il la remercia et repartit. Il prit la barque et en descendant il dit au passeur qu’il lui enverrait quelqu’un pour prendre sa place.

Arrivé dans le pays de la rivière, il délivra le crapaud et l’eau jaillit, les habitants étaient si heureux qu’ils le couvrirent d’or. Dans le village aux pommes d’or, il déterra le cadavre et les pommes se mirent à pousser. Les villageois étaient tellement contents qu’ils lui offrirent plein de présents. De retour au royaume, l’aventurier donna les trois poils du diable au roi. Mais celui-ci vit tout l’or et les présents derrière son gendre, et lui demanda :  " Où as-tu trouvé cet or ? " Et son gendre répondit : "Il faut passer un village où il y a un pommier d’or et une rivière, puis continuer plus loin, vous trouverez un passeur qui vous fera passer sur l’autre rive. En face, vous trouverez une grotte remplie d’or, vous pourrez vous servir autant que vous le désirez".

Aussitôt, le roi se mit en route. Arrivé au bord de l’eau, le passeur lui mit les rames dans les mains et se sauva ! Ainsi le roi a été puni de tous ses péchés. Puis les deux amoureux vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Le roi est-il encore en train de ramer ? Sans doute, si personne ne lui a repris les rames. 

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Morgane LE MINTER - Jennifer PHELIPPE - Christelle MELAINE - Anaïs URIEN

 

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