La musique et la danse

La Bretagne et ses danses traditionnelles :

Au départ, la danse bretonne était presque exclusivement paysanne. Les paysans sont les plus attachés à la tradition, ainsi que les marins très amateurs de danse. Ces gens confrontés à un travail difficile n'hésitaient pas à faire appel aux autres pour un certain nombre de travaux. Un système était en place où les gens du village offraient leurs services gratuitement. 

Une des principales occasions était  la "pilerie" de place. La tâche des volontaires  consistait à chanter, à jouer des instruments et surtout à danser pour piler la place, c'est à dire tasser le sol en  terre battue . 

D'une manière générale, travail et danse étaient étroitement liés dans les mentalités bretonnes. Les danses traditionnelles étaient bien sûr très importantes pendant les mariages.

 

La tradition musicale, dans toute la Bretagne, est marquée par le chant. Cependant, comme pour la langue, la Bretagne peut se diviser en deux parties pour la musique et, dans une moindre mesure peut-être, pour la danse. A l'ouest d'une ligne Vannes / Saint-Brieuc, la Basse Bretagne qui parle breton et, à l'est de cette ligne, la Haute Bretagne dont la langue populaire est le gallo.

Les instruments typiques de la Haute-Bretagne sont la clarinette, la vielle, le violon et, tout particulièrement, l’accordéon.  Les surnoms de l’accordéon, dans cette partie de la Bretagne,  sont la bouèze, la boîte à boutons, le piano à bretelles et le piano du pauvre. 

 Les instruments de la Basse-Bretagne sont les mêmes plus la bombarde et le biniou sauf que l’accordéon n’était pas populaire dans la région, on l'y appelait autrefois la boîte du diable

Une tradition commune à toute la Bretagne est la "pilerie de place". Voir plus haut.

La musique et la danse traditionnelle

 

 

L’accordéon

Le premier a été inventé en 1829 par Cyril Demian, à Vienne, en Autriche. Il était diatonique, à cinq touches . 

Il existe maintenant deux sortes de ces instruments : le diatonique et le chromatique. Le premier accordéon (diatonique) fit son apparition en Bretagne, à Vitré, en 1894. 

Lors des mariages, un homme animait le cortège qui allait de chez le marié à la maison de la mariée puis à l’église. Pendant les repas, il jouait tout le temps et gagnait jusqu'à quarante francs par mariage.

Le premier accordéon coûtait trente francs, soit aujourd’hui environ cinq mille francs. En un mois, un ouvrier salarié  gagnait environ dix francs, il devait économiser pendant quatre mois pour avoir un accordéon neuf, qu'il pouvait rembourser en un seul mariage!

 

De quoi est formé l’accordéon ?

Sur la partie gauche de l’accordéon se trouve un clavier composé de boutons servant à la mélodie. Un autre clavier, à droite sert pour les accords. L’accordéon est un instrument à anches libres dont l’air est fourni par un soufflet constitué de carton et de cuir pour éviter les déchirements. Le tissu est utilisé pour la décoration. Lorsqu’on écarte les deux côtés, il se remplit d’air. Les anches ont des tailles différentes. Les petites et fines donnent un son aigu, les plus grosses un son grave. Le passage de l’air sur les anches est commandé par les boutons des claviers.

 

Présentation de l’instrument par Cyril Demian :

"C’est une petite boite longue de sept à neuf pouces, large de trois pouces et demi et haute de deux pouces à laquelle sont fixées des lamelles de cuivre". Un soufflet y est fixé, ainsi que cinq touches. Elles peuvent émettre chacune deux accords différents. Lorsque le soufflet s’ouvre, la touche donne un accord et lorsque celle-ci se ferme, elle en donne un second. C'est la particularité du diatonique. 

 

 

Le biniou

La cornemuse, aussi appelée biniou en Bretagne, est un instrument de musique à vent dans lequel l'air est dirigé vers un ou plusieurs tuyaux à anches, à partir d’une outre remplie d’air par l’exécutant, soit à travers un porte-vent soit au moyen de soufflets. L’apport en air étant continu, le son résonne constamment et les notes répétitives doivent être séparées par des notes d’agrément (notes d’une durée extrêmement courte) . Pour en jouer, il faut gonfler le soufflet par le tuyau porte-vent puis presser l’outre pour forcer l’air à passer par les bourdons et le levriad, sorte de chalumeau permettant de jouer la mélodie. L’air produit un son en sortant du ballon. Le biniou est traditionnel en Bretagne. Les bombardes des binious sont petites et produisent un son aigu.

Le système des anches

Pour la bombarde ou le levriad, on utilise une anche double c’est à dire composée de deux lamelles de roseau, buis, corne bouillie…liées entre elles par un tube de métal. Pour le bourdon, c’est une anche battante, c’est à dire faite d’un morceau de roseau ou de sureau bouchée à une extrémité et fendue sur le dessus. La languette ainsi dégagée vibre au passage de l’air.

 

La bombarde et le biniou

L’association de ces deux instruments est certainement très lointaine ; comme en témoignent des représentations sculptées, des descriptions écrites…datant parfois du XVe ou du XVIe siècle. Malheureusement la qualité des documents ne nous permet pas de dire si les instruments utilisés étaient exactement les mêmes que de nos jours.

Parfois un joueur de tambour venait soutenir le rythme, mais cet usage a peu à peu disparu, sauf dans les bagad. Pendant longtemps on a cru –à tort- que binious et bombardes étaient les seuls instruments traditionnels bretons. En réalité, le couple biniou-bombarde se retrouve surtout dans le sud de la Bretagne.

 

 

La bombarde

C’est un instrument à anche double, composé généralement de deux parties dont un pavillon évasé. Les bombardes comportent six trous, ou sept si elles possèdent une note au dessous de la note de base de l’instrument. En général, une clé permet d’obtenir cette dernière note ( il existe même des bombardes à deux clés).Ces instruments sont réalisés en général dans des bois très durs, aux fibres très serrées et de plus non gonflants (c'est à dire peu sensibles aux variations dues à l'humidité).On utilise donc l'ébène, le buis, la gaïac, les palissandres, l'if et les bois fruitiers.

LA DANSE  

Ce chapitre a été réalisé à partir d'un questionnaire soumis à Robert Bouthillier (L'Epille) et Marc Clérivet (La Bouèze). 

De façon très simplifiée, en Haute Bretagne, comme dans toutes les civilisations traditionnelles et populaires,  on retrouve trois strates de danses : les rondes, les figures de contredanses et les danses en couple. 

 En ce sens, on ne peut pas dire que la Haute Bretagne ait des danses spécifiques. La Haute Bretagne des danses n'est pas un territoire homogène, c'est difficile de globaliser. 

D'un autre coté, à partir du moment où il y a eu appropriation et remodelage par la population locale de danses venant des villes dans les campagnes, on peut dire que la danse est spécifique... Mais à quelle échelle ? 

Certainement pas à celle de la Haute Bretagne... Un peu plus au niveau de terroirs beaucoup plus réduit. L'Ille et Vilaine n'est pas un territoire homogène :  la ronde domine en allant vers Redon, la  contredanse moderne dans le bassin rennais, et l'avant-deux dans le pays de Bazouges...

Le bassin rennais, lui, est un territoire homogène. Par contre l'appropriation et le remodelage par la population locale (la folklorisation) n'ont pas toujours eu lieu (danses trop récentes) et on ne peut pas dire que les danses du bassin rennais soient spécifiques... 

Le terrain reste très ouvert pour la recherche. Un exemple : Madame de Sévigné, au XVIIème siècle, présente le passe-pied comme traditionnel et spécifique de la Haute-Bretagne... Mais ce passe-pied est il le même que celui de maintenant ? Le passepied a-t-il été dansé dans toute la Haute Bretagne ? Autant de questions, qui attendent des réponses. 

La Haute-Bretagne  en jaune 

La Basse-Bretagne en vert 

 

 

 

 

 

Deux jeunes chanteuses de chants à danser et à répondre 

 

 

Danse de Haute-Bretagne lors de la cuisson du pommé à l'Ecomusée du Pays de Rennes. 

 

 

 

 

Joueur d'accordéon diatonique dans une veillée

 

 

 

 

 

 

 

Un accordéon diatonique contemporain

 

 

Cornemuses du Morvan

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