Les forges des Salles : historique

Il est tout à fait probable que les gaulois aient fabriqué du fer dans la forêt de Quénécan

Au Moyen-Age la toponymie nous laisse penser qu’une exploitation du minerai a eu lieu sur la commune de Ste Brigitte, en effet deux villages voisins s'appellent l’un, le Gourvello: la forge, l’autre Goh Fornic: le vieux petit fourneau; à proximité se trouve une mine de fer à Guerdreux. L’installation en 1184 des moines cisterciens à l’Abbaye de Bon-Repos, moines connus pour être à l’époque des sidérurgistes, renforce cette idée .

L’utilisation de machines hydrauliques se répand au XVIème siècle et c’est en 1623 que Geoffroy Finement d’Angicourt obtient de la famille de Rohan de créer quatre haut-fourneaux sur le domaine. Il semble que très rapidement le site de l’étang des Salles et celui de l’étang du Vieux fourneau, soient occupés. C’est ce dernier qui va se développer au cours du XVIIIème siècle au détriment de celui de l’étang des Salles qui va disparaître.

La technique liégeoise est adoptée. L’usine à fer comprend: haut-fourneau, affinerie et fenderie. La disposition des locaux techniques y est rationnelle. L’habitat se concentre à cette époque à Guénault, site que l’on visite actuellement.

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Au cours du XVIIIème siècle la forge d’affinerie se déplace à Guénault. En 1802 les Salles sont achetées par Louis Henri Janzé à la famille de Rohan. La gestion de l’usine est confiée à des régisseurs: Louis Bourdonnay-Duclézio puis Etienne Mario. Les Salles fabriquent des chaudrons, des marmites, des galettoires, des éléments de charrue, des verges pour les cloutiers.

Sous la régie de Bourdonnay-Duclézio une autre forge dite "la Forge neuve" est construite en 1816 sur le dernier étang. Avant de quitter le domaine ce régisseur essaye de moderniser l’usine vers 1825, mais elle évolue peu jusqu’à la mort du Comte de Janzé en 1840. Les souffleries, trompes ou soufflets hydrauliques, sont devenues des souffleries à pistons de bois d’abord, et bientôt de fonte.

En 1841, la forge est affermée à Messieurs Riant et Langlois qui gèrent d’autres haut-fourneaux en France et qui possèdent les forges à l’anglaise de Basse-Indre en aval de Nantes. Cette nouvelle gestion coïncide avec l’ouverture du canal de Nantes à Brest. Riant et Langlois abandonnent les forges et la fenderie. En 1845 la forge neuve devient un moulin à tan destiné à broyer les écorces et fabriquer le tan nécessaire au tannage des peaux. Riant et Langlois fabriquent exclusivement aux Salles de la fonte pour approvisionner Basse-Indre. Pour se faire ils construisent un nouveau haut-fourneau et sa halle sur le site de Guénault.

En 1853 Monsieur Garnier leur succède. En 1858 et en 1859 il modernise l’usine en remplaçant le haut-fourneau en pierre par un haut-fourneau en briques et en construisant la dernière halle à charbon. Les plans du haut-fourneau et de la halle sont exécutés par Thomas et Laurens, ingénieurs parisiens issus de l’Ecole Centrale; ils vont réaliser un ensemble moderne et productif. De 1865 à 1877 la famille Carré-Kérisouet prend le relais. La concurrence de la technologie au coke inventée par les Anglais, des accords commerciaux, le manque de rentabilité entraînent la fermeture des forges à bois. Les forges des Salles ainsi s’arrêtent le 1er Juillet 1877.

La nature retrouve son calme, le domaine se tourne vers l’exploitation du bois et de l’ardoise et, plus récemment, la pisciculture. Le moulin à tan, dernière machine hydraulique témoin du passé, s’arrête en 1949.

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