Les accidents

 

Le régisseur, dans ses courriers au Comte de Janzé, le tient au courant des bonheurs mais aussi des malheurs survenus aux forges, ainsi le 26 janvier 1824 :

"Je regrette beaucoup d’avoir à vous annoncer la mort du bonhomme La Marotte qu’une hémorragie à la suite d’une chûte qu’il fit en arrangeant ses soufflets a enlevé à l’âge de 59 ans, en trois jours. pendant deux jours il a craché abondamment ...

C’est d’autant plus malheureux qu’il laisse une veuve plus agée que lui de 8 à 9 ans et deux enfants tous deux petits valets. qui la soutiendront bien en rechigant pendant quelques temps, mais la tourmenteront beaucoup; surtout le plus jeune qui est mauvais sujet un peu; car l’ainé est un fort joli garçon qui ne lui occasionnera aucun autre chagrin cependant que celui de l’abandonner pour se marier aussitôt qu’il aura une place avantageuse."

Le 13 mars1835 :

" Nous avons un affineur blessé en singlant sa loupe il s’est coupé le bout du doigt..."

Pour soigner les ouvriers on achète des remèdes :

"Fourni à M. Le Du Jérôme charbonnier par Martel jeune pharmacien à Pontivy:
le 16
4 sangsues et un pôt 70
fleur de mauve et de sureau 20
un collyre et la blle 1 30
2 20"

Parfois les accidents sont dramatiques, ainsi le 11 décembre 1850 le régisseur écrit :

"nous venons de voir une petite fille de huit ans incendiée sur la butte de laitiers ou ont les conduis tous rouge; plusieurs enfants y étaient; le feu prend dans la jupe de la petite qui est totalement brûlée ainsi que sa chemise elle est morte six heures après les cheveux même ont été brulé, le père de cette petite fille était le maitre charpentier qui est mort à Bodin d’un coup de sang sur la route en venant de Lanouée il y a trois ou quatre ans"

Il s’agit de Mathurine Hingant qui avait en fait 6 ans.

La dynamite n’est pas inventée, on utilise de la poudre pour faire sauter les rochers, le 4 avril 1854 :

"Un évènement toujours malheureux parce qu’il a frappé deux pères de famille mais qui aurait pu avoir de tristes conséquences est venu effrayer un moment les ouvriers qui travaillent à la route de la chataigneraie ... depuis plus d’un mois 4 ouvriers sont uniquement occupés à faire sauter la mine. Mardi dernier 29 mars à 4 heures du soir deux d’entre eux François Le nagard et Jean Rault dit Biron ont failli être victime de l’imprudence de ce dernier. Il venait de creuser une mine ... il commença à la charger de pierres contenant il parait quelques parties de quartz. au premier coup de bourroir une étincelle a mis le feu à la poudre la mine a sauté et renversé ces deux hommes qu’un instant on a cru mort"

Ces accidentés s’en sortiront bien , le régisseur écrit le 13 juin 1854 :

"Depuis le dernier jour de la semaine dernière Jean Rault blessé par un coup de mine a enfin repris les travaux. Depuis cet accident je n’ai pas cru lui donner moins de 5 francs par semaine pour faire subsister 4 personnes, il a donc reçu 40 francs, j’ai payé au médecin Le Bihan 24 francs pour 6 visites et pour médicaments fournis par lui 6,75 francs. Quant à Le Nagard blessé le même jour mais légèrement je lui ai donné qu’une indemnité de 3 francs."

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