Le

du Presbytère

Le 7 Mars 1852, Mathurin Daniel, curé de la paroisse de Saint-Jean Brévelay, mourait après quelques mois de maladie. Il était recteur depuis trente ans, généreux envers les pauvres, aimé de ses ouailles et très populaire parce qu'il était né à Bignan le 8 Février 1795.


Le lendemain de sa mort, entouré de toute la paroisse et des prêtres du canton, il reposait au pied de la croix des missions dans l'ancien cimetière  sur la place de l'église.

Tous avaient pris le deuil et même le presbytère semblait le pleurer sous son lourd manteau d'ardoises comme les femmes encapuchonnées qui avaient suivi le corbillard en sanglots.


Le vicaire, Jean-Marie Leray paraissait le plus triste. Né en 1821 à Locqueltas, il avait été nommé en Novembre 1848 à Saint-Jean, deux mois après son ordination. Pendant quatre ans de vie quotidienne près de son recteur il l'avait aimé et lui avait donné sa plus sincère affection.

Sa mémoire ne le quittait pas, il lui semblait le voir partout où il allait dans le presbytère surtout dans sa chambre où il gardait les souvenirs de son recteur, en particulier un coffre de chêne qui contenait son argent et ses objets précieux.


Le recteur n'était pas mort depuis huit jours, et ce soir là, un de ces rudes soirs de fin d'hiver où le vent souffle en  bourrasques, une sorte d'angoisse pesait sur le coeur du vicaire. Il avait fini par s'endormir, mais d'un sommeil tourmenté, au bord de l'hallucination.

Dix heures sonnaient à peine qu'il se réveillait en sursaut: il lui avait semblé percevoir le bruit d'un pas dans le couloir. Cauchemar? Réalité? L'oreille aux aguets, il ne se trompait pas, quelqu'un marchait, et cette démarche il l'a connaissait pour l'avoir entendue cent fois, mille fois.

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