BOED

Ce jour là, Morgane et Yann partirent pêcher à Boëd. Ils passèrent près d’un chantier ostréicole et marchèrent sur un tas de coquillages. Le ciel était gris bleu. La majeure partie de la plage était recouverte par la vase. Des mouettes étaient posées sur les flaques pour trouver leur nourriture. Quelques algues pourrissaient sous les rayons du soleil qui réussissaient à traverser de gros nuages. Le passage était difficile à trouver dans la vasière. Seuls ceux qui connaissent le coin peuvent s’y aventurer.

Pour ne pas s’enfoncer Yann et Morgane portaient des raquettes. Ce sont des planches de bois taillées que l’on attache aux pieds avec des lanières de cuir. Pour ne pas se mouiller, ils avaient mis une veste et un pantalon de ciré.

Ils s’engagèrent dans le passage et soudain aperçurent une lueur qui sortait de l’eau. Ils approchèrent et découvrirent un merveilleux coquillage.

- Vas-y Yann, ramasse le, tu sais bien que j’ai peur des crabes.

Quand elle était petite, Morgane s’était fait pincer par un gros crabe et depuis elle en a très peur.

Yann souleva le coquillage et découvrit dessous un galet gravé.

- Qu’est-ce que c’est ? demanda Yann.

- Cela ressemble à un dolmen.

A ce moment un vieillard arriva. Son visage était ridé comme une pomme mûre. Sa peau tannée par le vent et les embruns faisait ressortir ses yeux bleus comme la mer. Il était à moitié chauve. Le vieil homme portait un béret bleu marine et un pantalon de toile bleue. Il avait des bottes et des raquettes aux pieds car lui aussi était un habitué de cet endroit.

Les deux enfants le saluèrent.

- Bonjour monsieur.
- Bonjour les enfants.
- Connaissez-vous un dolmen proche ?
- Oui, il y en a trois, répondit le vieillard, il y en a deux à Boëd et un à Gornevèze.
- Merci monsieur dirent les enfants.

Yann et Morgane continuèrent leur chemin et arrivèrent sur l’île de Boëd. Ils se dirigèrent vers le sentier côtier qui menait aux dolmens.
- En voici un dit Yann.

Ils s’aventurèrent dedans mais ne trouvèrent rien. Dans le deuxième ils cherchèrent sur le sol et ne trouvèrent rien non plus.

Soudain Morgane leva la tête et vit quelque chose sous la dalle de couverture. Il y avait des gravures à peine visibles, elles ressemblaient à des déesses, des serpents, des champs de blé…

 

Ils déchiffrèrent le message grâce à la classe patrimoine qu’ils avaient faite il y a peu de temps.

" Si vous trouvez ce message, voici les consignes à suivre : trouvez la flûte et le coquillage, ramenez-les au dolmen le plus proche, puis jouez les paroles ci-dessous : do, ré, mi, fa, sol, la, si, do, gratte moi la puce que j’ai dans le dos, si elle ne monte pas si haut, je la mettrais dans mon sac à dos. "

" Au revoir ! ! ! "

" Bon voyage. "

 

Si nous faisions comme le dit ce message, qu’arrivera-t-il ?
Nous le verrons bien.
Allons au dolmen de Gornevèze, nous y trouverons peut-être autre chose. Ils traversèrent le passage et allèrent au dolmen.

Ils cherchèrent et trouvèrent dans un renfoncement d’une pierre une flûte. C’était celle dont parlait le message.

- Regarde ! s’écria Morgane, il y a une gravure dans la pierre au-dessus du renfoncement !

Cette fois c’était un coquillage, sans doute celui dont parle le message.

- C’est le même que celui que nous avons trouvé sur le passage de Boëd ! S’exclama Yann.

Yann se mit à souffler dans le coquillage et Morgane dans la flûte. Un tourbillon magique apparut. Yann et Morgane furent emportés dans la spirale. Ils volèrent ! De magnifiques couleurs tourbillonnaient dans la spirale. Ils retombèrent sur le derrière et se retrouvèrent dans l’obscurité totale.

-  Aïe!  fit Yann.
- Où sommes-nous tombés ? dit Morgane en se frottant les yeux.
- Je ne sais pas répondit Yann, allons explorer.
- Par où est la sortie ? demanda Morgane.
- Par là il y a une lueur.

Ils sortirent en se courbant pour passer le long couloir qui donnait vers la lumière.

Lorsqu’ils furent dehors ils poussèrent des cris à la fois d’étonnement et d’admiration. Le dolmen était recouvert d’un tas de pierre sèches parfaitement rangées.

- C’est un cairn comme ceux que nous avons vu au Petit Mont et à Gavrinis dit Yann.
- Et nous sommes bien à Gornevèze, regarde, on voit le golfe, ce cairn doit être visible de très loin si l’on est sur l’eau, répondit Morgane.

Autre surprise, leurs vêtements étaient complètement changés : Yann portait une tunique de chanvre et Morgane, une robe de lin.

- Je commence à comprendre fit Morgane, nous sommes retournés à l’époque du Néolithique.
- Allons explorer les lieux proposa Yann.
- S’il y a un cairn, c’est qu’il doit y avoir des hommes tout prêt.

Ils traversèrent une forêt et arrivèrent près d’un village qui se trouvait au bord du golfe. Des hommes pêchaient, des femmes ramassaient des coquillages…

Le village était entouré d’une palissade de bois sans doute pour le protéger des bêtes sauvages. Les maisons étaient construites en bois en torchis avec des toits en chaume.

Quelques hommes s’entraînaient à lancer des javelots, d ’autres taillaient des pierres ou modelaient des poteries. Des femmes tissaient sur un métier vertical. D’autres s’affairaient à chercher de l’eau dans un ruisseau qui coulait tout près du village.

Ils avancèrent et furent accueillis par des enfants. Ils les emmenèrent au chef du village qui leur fit un accueil étonnant :

- Je vous attendais dit-il, vous pouvez rester ici aussi longtemps qu’il vous plaira.
- Comment savez-vous que nous viendrions ? demanda Morgane.

Le chef sans répondre se leva et leur désigna une hutte où ils pourraient dormir tranquilles.

Ils découvrirent peu à peu le village et leurs traditions. Ils apprirent à faire du feu, à chasser et bien d’autres choses.

Morgane et Yann jouèrent avec les enfants de leur âge.

Un soir Morgane dit :

- Il serait temps de rentrer à la maison.
- Comment fait-on pour revenir ?
- Allons demander au chef du village. Il leur expliqua ce qu’il devait faire.
- Mais attention, il vous faut être seuls car les autres membres de la tribu pourraient disparaître pour toujours.

Ils saluèrent leurs amis et se dirigèrent vers le cairn. Ils rentrèrent par le long couloir jusqu’à la chambre. Là ils soufflèrent ensemble dans les deux instruments et se retrouvèrent sous le dolmen de Gornevèze.

-Yann, Morgane, je vous cherchais partout dit une voix bien connue. C’était leur mère. Quelle drôle d’idée de faire la sieste dans un dolmen !

Yann et Morgane se regardèrent. Il n’y avait plus ni flûte, ni coquillage... Avaient-ils rêvé ?

- Moi je crois que c’est la réalité, chuchota Yann.
- Chut, c’est un secret ! approuva Morgane.

Kristell, Vincent, Gabrielle, Julie


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