LE SINAGOT : 

LA CHALOUPE DE SÉNÉ

Le Sinagot, appelé “ bateau de Séné ” ou “ chaloupe de Séné ” sur les rôles de bords, était une chaloupe, c’est-à-dire un bateau gréé avec deux mâts, portant deux voiles au tiers.
   
Le plus petit mât, le mât de misaine était situé à l’avant du bateau, près de l’étrave , et portait la plus petite voile, la voile de misaine. Le grand-mât, ou mât de taillevent, était placé au centre du bateau, et soutenait la grand-voile ou taillevent. Ces mâts n’étaient pas retenus par des haubans et étaient inclinés vers l’arrière
   
Le grand mât était maintenu par le bau, sorte de banc placé en travers et au milieu du bateau. 
   
Le mât de misaine était tenu par le dessus de la petite cabine avant appelée “ bi ”.   Cette petite cabine permettait de ranger tout le petit matériel, de s’abriter éventuellement et parfois d’y dormir sur des matelas de paille. Elle fermait par une porte à glissière.
   
Les voiles du Sinagot de la seconde moitié du XIXe siècle étaient de forme rectangulaire et teintées en rouge. On les appelait aussi “ bannières ”. La coque était faite en chêne et passée au coaltar , donc noire.
   
Mais la caractéristique principale du Sinagot était sans doute son faible tirant d’eau lui permettant de se faufiler sur les hauts fonds, donc d’être très bien adapté au milieu naturel du golfe du Morbihan et à la pêche près des côtes. Le Sinagot était un bateau rapide, remontant bien au vent facile à manœuvrer par un équipage réduit : deux, voire un seul homme.
   L’arrière du sinagot était très bas sur l’eau, il pouvait donc embarquer des paquets de mer par l’arrière. C’est pourquoi au début du XXe siècle, lorsque les Sinagots durent sortir du golfe et aller plus au large pour pêcher, ils devinrent plus longs, avec un arrière plus haut sur l’eau.

 

Étrave : pièce saillante qui forme la proue (l’avant) d’un navire.

Hauban : cordage servant à assujettir un mat par le travers ou par l’arrière.

Coaltar : goudron obtenu par la distillation de la houille.